La quête du bien-être va-t-elle trop loin ?

La quête du bien-être va-t-elle trop loin ?

Le culte du corps est-il sans danger ?

A lire aussi

Hélène Demarly

Vous vous sentez obligée d'aller courir tous les matins ? De manger une salade si vous avez pris un steak frites à midi ? De compter vos calories pour voir si vous n'avez pas fait trop d'écarts ? De méditer ou de faire du yoga pour être plus heureuse? Et si votre désir de santé parfaite cachait quelque chose ?

Le syndrome du bien-être, tiré du livre du même nom de Carl Cederström et André Spicer, tous deux enseignants-chercheurs, est une théorie qui démontre que le culte du corps et la quête désespérée de la santé est devenu une sorte d'obligation morale qui peut poser problème.

La tyrannie de la santé

Ne pas manger trop gras, trop salé, trop sucré. Bouger au moins 30 minutes et manger cinq fruits et légumes par jour. Ne pas fumer. Ne pas trop boire d'alcool. Dormir au moins sept heure par nuit. Ne jamais sauter le petit-déjeuner... Autant de préceptes que vous entendez de manière quotidienne et qui finissent par être ancrés dans votre tête, jusqu'à parfois vous faire culpabiliser quand vous ne les respectez pas.

Une volonté de bien-être qui transforme la société, mais qui s'inscrit également dans le cadre de l'entreprise. En France par exemple, les cours de yoga et de médiation au bureau se multiplient, pour tenter d'allier bien-être et productivité. Aux Etats-Unis, certaines entreprises vont jusqu'à développer des réunions en marchant et des postes de travail équipés de tapis de course. Même votre smartphone, avec ses applis pour courir, faire des abdos, compter les pas, les calories et les heures de sommeil, participe lui aussi à cette volonté de contrôle de votre mode de vie.

La course à l'épanouissement personnel

Vous souffrez de ce "syndrome" lorsque vous n'êtes plus dans la recherche du plaisir mais du bien-être, en vous astreignant à faire beaucoup de sport, des activités de méditation et de yoga, le tout lié à une alimentation très équilibrée. Vous devez fournir quotidiennement des efforts pour atteindre l'objectif fixé, sans vous autoriser le lâcher-prise. Vous vous remettez en question au moindre écart, vous ne manquez pas une seule séance de sport, vous comptez les calories ingurgitées au cours de votre journée... Tout cela crée une routine qui devient un impératif moral et vous empêche de vous autoriser à écouter vos envies et vos émotions.

Est-ce un problème ?

Le souci principal c'est que cette recherche du bien-être à tout prix fait culpabiliser et génère de l'anxiété. La quête permanente du développement personnel et du physique parfait peut créer un sentiment de mal-être, à l'inverse total de l'effet escompté. Cela a aussi tendance à donner envie à ceux qui vivent ainsi de blâmer ceux qui ne sont pas comme eux et qui ne suivent par leurs principes : "Tu prends des frites avec ton burger ?", "tu ferais mieux d'arrêter de fumer", "tu devrais te mettre au sport"... Autant de petites phrases qui réussissent à faire aussi culpabiliser les autres.

Le remède selon les auteurs du Syndrome du bien-être ? Admettre "qu'il n'y a pas de honte à avoir des faiblesses". Il est impossible de tout contrôler car "vivre c'est faire l'expérience de la douleur et de l'échec". Pour être heureux, la recette serait de réussir à être à l'écoute de son corps tout en se faisant plaisir.

 
0 commentaire - La quête du bien-être va-t-elle trop loin ?
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]