Cuillère d'Or : quand les femmes prennent le pouvoir en cuisine

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 Les organisateurs du concours de La Cuillère d'Or, entourés des deux finalistes de cette troisième édition.

Les organisateurs du concours de La Cuillère d'Or, entourés des deux finalistes de cette troisième édition.

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© DR, Thierry Vallier
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Marie Ponchel

Après cinq années d'absence, La Cuillère d'Or, premier et plus important concours culinaire entièrement féminin, a fait son grand retour cette année pour une troisième édition placée sous le signe de la gastronomie du XXIe siècle. Destiné aux amatrices comme aux professionnelles, son objectif tend à donner davantage de visibilité à ces femmes qui sont seulement 25% aujourd'hui à pratiquer des métiers dits de bouche.

Pour plus d'égalité derrière les fourneaux

C'est à pas de velours qu'elles entrent dans la danse culinaire. Cette année, sur 609 tables étoilées, seules 16 sont portées par des femmes. Organisée le 8 mars dernier à l'occasion de la Journée Internationale des droits des femmes, La Cuillère d'Or, fondée en 2010 par l'Auvergnate Marie Sauce et devenue depuis septembre 2015 une association à but non lucratif, vise à faire bouger les mentalités, en mettant sur le devant de la scène celles qui sont encore sous-représentées dans les brigades professionnelles : "La Cuillère d'Or ce n'est ni sexiste ni féministe, absolument pas. En revanche, je pense que les femmes ont vraiment leur place dans le monde des métiers de bouche. Je pense donc que ce jour-là, il faut vraiment les mettre dans la lumière" insiste Marie Sauce, à l'origine de la chaîne Cuisine TV et présidente de l'association des Toques Françaises.

De la mère nourricière à la femme aux fourneaux, en passant par les recettes de grand-mère, la femme a toujours été associée à tout ce qui gravite autour de la cuisine, mais aujourd'hui ce monde reste largement dominé par les hommes dans le milieu professionnel. Ce 8 mars, le rendez-vous était donné au Lycée des métiers de l'hôtellerie - Jean Drouant dans le 17ème arrondissement de Paris. Les douze finalistes du concours, qui ont dû préparer un plat et un dessert pour six personnes en seulement 3h30 autour du sujet "la gastronomie du 21e siècle : tradition et évolution", étaient là pour conjuguer l'art de la cuisine au féminin. Un jury prestigieux composé d'une trentaine de figures de la gastronomie, dont une poignée de femmes parmi lesquelles l'auteur et critique Mercotte, ont dû les départager.

Comment s'imposer ?

Les gagnantes de cette troisième édition, Patricia Georgin dans la catégorie amatrices et Sabine Pendariès-Issaurat de la Maison Christophe Bacquie dans la catégorie professionnelles, sont toutes deux habituées des concours. Patricia Georgin, de Saint-Médard-en-Jalles (Gironde), a participé à l'émission Master Chef en 2012 et Sabine Pendariès-Issaurat a remporté le Bocuse d'or 2015 en tant que commis du Chef Nicolas Davouze. Pour cette dernière, le secret pour s'imposer en cuisine est sans hésiter le "charisme, mais surtout la passion et l'investissement, comme n'importe quel autre cuisinier". Elle ajoute qu'il faut également "assumer sa touche de féminité que beaucoup de cuisiniers envient et qui apporte souvent un petit plus à l'assiette".

Arrivée à la deuxième place du podium dans la catégorie professionnelles, Noémie Clara Honiat, du restaurant L'Univers (Aveyron), a déjà 10 concours à son actif, dont l'édition 2012 de Top Chef, mais maintient l'idée qu'il faut avoir du caractère en cuisine : "Il ne faut pas se laisser faire et surtout être très travailleuse, encore plus qu'un homme parce qu'on doit encore plus prouver qu'on a notre place ici", assure-t-elle par expérience, elle qui a gagné une fois un concours à l'issue duquel un chef lui a dit : "je suis très content que tu aies gagné parce que franchement tu as gagné haut la main et il y a certains chefs qui ne voulaient pas te le donner parce que tu étais une femme".

Le début du changement

Si la route est encore longue avant que les femmes ne deviennent aussi "toquées" que les hommes, le changement commence néanmoins à pointer peu à peu le bout de son nez : "On doit encore plus se surpasser qu'un homme, mais là ça commence à changer maintenant dans les concours et même dans la vie de tous les jours, de plus en plus", nous confie avec enthousiasme Noémie Clara Honiat.De son côté,Marie Sauce, qui souligne le niveau très élevé des candidates cette année, confirme cette amélioration : "Entre 2011, date de la dernière édition de La Cuillère d'Or, et aujourd'hui, les mentalités ont complètement évoluées. Il y a de plus en plus de femmes dans les lycées hôteliers, dans les cuisines et dans les brigades. En revanche, c'est vrai qu'elles ne sont pas encore mises en lumière mais ça va arriver, on l'espère." Désormais organisée tous les deux ans, la quatrième édition de La Cuillère d'or se tiendra en 2018. Marie Sauce a déjà la date : le 8 mars 2018 !

 
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