Modes alimentaires, évolution et nouveaux concepts

Modes alimentaires, évolution et nouveaux concepts

Modes alimentaires.

A lire aussi

Bérengère Bézier

Depuis 20 ans, notre consommation alimentaire évolue vers de nouvelles tendances liées à de nouveaux comportements sociologiques et à la structuration du marché alimentaire. Bien que la France soit réputée pour sa gastronomie, nous vivons une mutation qui engendre l'arrivée de nouveaux concepts.

A quoi est dû notre changement de comportement alimentaire ?

Il suffit d'observer le comportement alimentaire des générations qui nous ont précédées pour se rendre compte qu'il est bien différent aujourd'hui. En effet, nos grands-parents vivaient des produits qu'ils cultivaient dans leur potager, des volailles et lapins qu'ils élevaient. Ils se nourrissaient presque uniquement de leur production ou de celle de leurs voisins.

Aujourd'hui, par manque de temps, par recherche de simplicité, par flemme, par manque de place, nous sommes très peu à cultiver un potager et nous nous nourrissons majoritairement des produits que nous achetons en grandes surfaces. Des produits beaux, nettoyés, transformés, qui nous facilitent le quotidien et nous permettent de gagner du temps au détrimnt de la saveur, parfois...

Depuis plus d'une dizaine d'années, nous devons faire face à un bouleversement de la société du à la mondialisation, aux nouvelles technologies, à l'essor de la grande distribution, ou encore au marché du travail. Nous devons aller plus vite et sommes sollicités au quotidien par des milliers de choses : le travail, les loisirs, la famille, la publicité, les contraintes économiques... C'est l'ensemble de ces facteurs économiques et sociaux qui ont aujourd'hui des répercussions sur notre comportement alimentaire.

Les nouveaux modes alimentaires : quels sont-ils ?

Dans un contexte économique difficile, les foyers ont revu leur budget alimentation à la baisse pour pouvoir être en mesure de faire face aux impondérables. Ils privilégient les achats en grande distribution, les offres promotionnelles, les produits premiers prix ou marques des distributeurs. Certains foyers revoient même le nombre de repas quotidiens à la baisse pour réduire la note.

Pour gagner plus de temps, nous privilégions aussi les plats préparés, qui ne demandent qu'à être réchauffés. Prenez l'exemple des repas du midi au travail, et constatez la répartition entre vos collègues qui rapportent leur repas maison, ceux qui consomment des plats préparés ou encore ceux qui sont allés au snack ou à la boulangerie du quartier. Vous verrez que les repas maison seront une minorité, car ils demandent du temps de préparation et un minimum d'organisation. Par gain de temps, nous privilégions donc les plats préparés qui font le bonheur des industries agroalimentaires, mais pas forcément celui de notre santé, puisqu'ils sont souvent trop gras, trop salés, trop sucrés...

Nous constatons également une émergence de la consommation de produits ethniques. Les nouvelles générations aiment découvrir de nouvelles saveurs, d'où la progression de restaurants asiatiques, indiens et l'apparition des rayons cuisine du Monde dans les grandes surfaces. Ceux qui passent un peu de temps aus fourneaux aiment d'ailleurs de plus en plus souvent mixer les cultures pour apporter une touche exotique aux petits plats régionaux.

Enfin, on remarque l'apparition de formes hybrides de consommation que sont le grignotage, qui remplace des repas complets, mais aussi des substituts de repas. Notons aussi l'apparition de nouveaux lieux de consommation qui se démarquent des restaurants traditionnels et qui fleurissent un peu partout dans les villes : les bars à tapas, à salade, à bagels, les food trucks... Nous sommes sollicités et tentés à chaque coin de rue.

A chaque âge son comportement alimentaire

Il y a vingt ans, les comportements alimentaires se distinguaient en fonction de la classe sociale. Les familles peu aisées consommaient peu de viande alors que les plus favorisées en consommaient plusieurs fois par semaine. Aujourd'hui, nous constatons que les comportements alimentaires se différencient en fonction de l'âge. En effet, les jeunes générations consacrent peu d'argent et de temps à leur alimentation et consomment donc des produits tout prêts, à emporter, à la différence de leurs parents ou grands-parents. Eux prennent encore le temps de cuisiner et consomment des produits plus sains pour leur santé : fruits et légumes frais, viande, poisson... Toutefois on remarque qu'une part croissante des jeunes générations est en recherche d'authenticité. Préoccupés par l'environnement et la quilité de vie de leurs enfants, ils cherchent à consommer bio et local.

Les comportements alimentaires évoluent également en fonction de la localisation des foyers. Des personnes habitant dans des secteurs très urbanisés, seront davantage sujettes au stress, à la pression, à la tentation de pousser la porte d'un restaurant plutôt que de cuisiner maison. C'est plus facile et pratique de se faire livrer à domicile que d'aller au marché le dimanche matin. A l'inverse, les personnes habitant en province consommeront davantage de produits frais et prendront le temps de cuisiner, car le repas permet de rassembler le foyer autour d'une même table, dans un esprit convivial.

Si les nouveaux comportements alimentaires ont quelque chose de paradoxal, partagés entre facilité et bon pour la santé, on constate cependant qu'une part croissante de consommateurs se soucie de son alimentation et revient donc à certaines valeurs garantes de qualité et propices à un sentiment de réassurance.

 
0 commentaire - Modes alimentaires, évolution et nouveaux concepts
  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]