On a testé : la cuisine thérapie

On a testé : la cuisine thérapie

Armés d'un tablier, les participants cuisinent chacun à leur façon le produit qui leur a été proposé au cours de l'atelier.

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Marie Ponchel

Inspirée de l'art-thérapie, la cuisine thérapie (à différencier de la culinothérapie, qui se pratique uniquement dans le milieu médical) commence peu à peu à faire parler d'elle en France. Nous avons rencontré l'une de ses instigatrices, Emmanuelle Turquet, qui nous a ouvert les portes de l'un de ses ateliers, qu'elle propose aux particuliers comme aux entreprises.

Première étape : l'éveil des sens

Ce dimanche après-midi, nous sommes deux participantes à tester pour la première fois les ateliers Papilles Créatives. Dès le début de la séance, le ton est donné : ici, les cérébraux n'ont qu'à bien se tenir ! Place à la créativité, au lâcher-prise et à la reconnexion de nos cinq sens par l'intermédiaire de la cuisine. Avant de s'affairer aux fourneaux, une petite météo des cartes nous est proposée. Chacune notre tour, nous sélectionnons une carte qui nous parle, du ciel dégagé aux vents violents, afin de mesurer notre humeur du moment. Les présentations faites, l'atelier se poursuit avec une pause relaxation. Bercées par une musique bucolique, pieds bien ancrés dans le sol et yeux fermés, nous imaginons un arbre, au gré des indications de notre thérapeute. Quelques minutes plus tard, place au premier contact avec la nourriture. À chaque atelier son ingrédient phare (un fruit ou un légume) : ce jour-là c'est la poire qui sera au coeur de toutes nos attentions. Quatre variétés de poires s'offrent à nos cinq sens, nous prenons alors le temps de regarder, toucher, sentir, écouter, puis déguster chacune d'elles afin de faire connaissance avec le produit que l'on travaillera dans la suite de l'atelier. Deuxième étape : suivre son instinct

"De la même façon qu'un art-thérapeute vous dit que vous n'avez pas besoin de savoir peindre pour venir à son atelier, moi je dis exactement la même chose à mes clients. (...) On n'a pas besoin de savoir cuisiner, il suffit de se faire confiance, d'oser et puis de goûter." affirme Emmanuelle Turquet. Dans sa cuisine, pas de cahiers de recettes ni de chronomètre, la seule règle qui nous est imposée : suivre notre intuition. On débute derrière les fourneaux avec pour thème central "la poire dans tous ses états". Fruits secs, épices, huiles parfumées, fromages, charcuteries et autres condiments sont mis à notre disposition pour réaliser un plat de notre choix, cru ou cuit. C'est le moment d'explorer, d'associer, de se laisser aller à créer des recettes au gré de ses envies, sans jugement ni pression. Une fois que l'on estime que notre plat est terminé, on le présente, dressé dans le contenant de notre choix, aux autres participants. Vient alors l'étape-clé du débriefing, celle où l'on verbalise et donne du sens à sa création : comment ai-je choisi tel ou tel ingrédient ? quelles difficultés ai-je rencontrées pendant l'exercice ? me sentirais-je capable de présenter ce plat à mes invités ? quel nom je donnerais à ma création ? La cuisine reprend alors tout son sens, devenant synonyme d'échange et de partage.

Troisième étape : laisser parler ses émotions

La dernière partie de l'atelier se compose d'un deuxième passage en cuisine. Cette fois-ci, il n'est plus question de présenter un plat répondant à la consigne "la poire dans tous ses états", mais de penser à une émotion, puis de la reproduire dans l'assiette. Des souvenirs liés directement ou indirectement à la cuisine refont surface et le développement personnel suit son cours. On débriefe une nouvelle fois, tout en comparant cette deuxième activité à la première. L'heure du bilan pointe ensuite le bout de son nez : en cuisine, les maîtres mots sont l'écoute, la confiance et le temps. Destinée à des cibles et profils culinaires différents, des cuisiniers en quête de créativité aux frileux derrière les fourneaux, en passant par ceux et celles entretenant une relation compliquée avec la nourriture, la cuisine thérapie apporte des clés pour se réconcilier avec l'art de vivre qu'est la cuisine. Pour ne plus subir l'acte de cuisiner, perçue par certains comme une corvée, mais y retrouver au contraire une bouffée d'oxygène, Emmanuelle Turquet conseille entre autres d' "investir dans plusieurs variétés d'huiles, d'avoir des herbes aromatiques ou des épices à portée de main et de se lâcher (...) Tout de suite on fait des mélanges et on a l'impression d'être le roi du monde (rires)".

Pour plus d'informations sur la cuisine thérapie : Papilles-creatives.com

 
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