Stop au gaspillage alimentaire : les initiatives à retenir

Stop au gaspillage alimentaire : les initiatives à retenir

Chaque année, un tiers de la production alimentaire part à la poubelle.

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Marie Ponchel

Chaque année, un tiers de la production alimentaire part à la poubelle, soit 1,3 milliard de tonnes de nourriture : l'équivalent de plus de 160 kg par an et par habitant. Pour lutter contre le gaspillage alimentaire, les maillons de la chaîne, des grandes enseignes aux consommateurs, redoublent d'efforts pour contrer ce fléau dont la perte est estimée, en France, entre 12 et 20 milliards d'euros par an.
Délits de faciès
Depuis deux ans déjà, l'enseigne Intermarché a lancé l'opération "les fruits et légumes moches".

Le but ? Revaloriser ces fruits et légumes recalés au fond des cagettes. Mal-aimés et donc retirés des rayons, ces aliments cabossés, hors calibre et pas toujours très beaux à regarder ne sont pas pour autant moins bons que les autres. Depuis, un label baptisé avec humour "Quoi ma gueule ?" a vu le jour dans des grandes surfaces comme Intermarché, Auchan ou Monoprix. Ces fruits et légumes, auparavant jetés par les producteurs, sous peine de ne pas trouver de demandeurs du côté des grandes surfaces, sont désormais conservés et consommés. Les fournisseurs y gagnent, tout comme le consommateur, qui se retrouvent face à un produit affichant un prix 20 à 30% moins cher que les légumes calibrés et esthétiques.
Plus récemment, les invendus du célèbre marché de Rungis ont aussi eu le droit à une seconde vie. En novembre 2015, sous l'impulsion d'Aladdin Charnin, un Lyonnais d'origine tunisienne résidant à Paris, la première cantine alternative et participative freegan d'Europe a vu le jour sous le nom de Freegan Pony. C'est dans un lieu insolite, un hangar sous le périphérique, place Auguste-Baron dans le 19ème arrondissement de Paris (Porte de la Villette), que se niche ce squat transformé en restaurant. Aménagé en salon cosy à l'aide de canapés vintage, de palettes et de tapisseries orientales, des bénévoles servent quatre soirs par semaine un nouveau menu végétarien (veloutés de légumes, compotes, purées...) à des prix attractifs et pour une soixantaine de personnes. Le restaurant, qui invite des chefs, parfois étoilés, affiche complet et passe désormais par un système de réservation en ligne.
Des échanges de bons procédés
Face aux chiffres alarmants du gaspillage alimentaire, d'autres opérations du même type ont vu le jour, à l'instar de l'association anti gâchis baptisée Disco Soupe, qui s'invite sur les marchés de France depuis 2012. Venue d'Allemagne, l'opération consiste à partager des soupes cuisinées à base de fruits et légumes invendus récupérés sur les marchés, le tout en musique ! Pour éplucher les légumes, les bénévoles interpellent les passants venus faire leurs courses sur le marché et les arment d'un économe. Une fois le travail fait, l'ensemble des participants dégustent les soupes réalisées, tout en ayant pris conscience du problème du gaspillage. Un moyen détourné de sensibiliser le consommateur, tout en lui faisant passer un moment de pure convivialité.
Dans le même sillage, le Food Swap, ou troc alimentaire, prône le retour aux valeurs simples. Tout droit venu des Etats-Unis, le concept, basé sur l'adage du "rien ne se jette, tout s'échange", a récemment fait son entrée dans l'Hexagone. La seule condition pour échanger sa nourriture avec d'autres consommateurs est qu'elle soit faite maison (oeufs de la ferme, confitures, miche de pain...), l'occasion d'échanger des recettes avec d'autres passionnés de cuisine, tout en oeuvrant contre le gaspillage alimentaire. Lorsque les participants s'échangent leurs produits, une fiche indique les denrées contenues dans chaque plat ainsi que leur composition afin d'assurer une traçabilité des produits consommés.
Et à la maison ?
Qu'en est-il de nos restes à nous ? Ceux de nos frigos et de nos assiettes ? Au quotidien, environ 60% des consommateurs que nous sommes se retrouvent régulièrement, voire tout le temps, face à des restes. Plusieurs solutions s'offrent à nous, à commencer par la conservation dans un récipient hermétique ou dans une enveloppe de film alimentaire. La congélation reste également un bon moyen de ne pas jeter nos restes. Attention donc de bien vérifier les DLC (dates limite de conservation), qui varient selon les aliments (un yaourt peut se consommer au moins 10 jours après sa date de péremption, les oeufs frais sont consommables 4 semaines). Pensez également à des recettes de secours, comme le smoothie pour les fruits et légumes qui s'abîment et aux gratins pour les restes de féculents. À vous de jouer !

 
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