Frédéric Beigbeder : "Les gens de la mode sont des dictateurs"

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 Frédéric Beigbeder au défilé Etam automne-hiver 2015-2016 à la Piscine Molitor à Paris, le 3 mars 2015.

Frédéric Beigbeder au défilé Etam automne-hiver 2015-2016 à la Piscine Molitor à Paris, le 3 mars 2015.

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© Abaca, Genin Nicolas
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Hélène Garçon

Souvent dépeints comme des requins, les acteurs majeurs du microcosme de la mode souffrent depuis des années d'une mauvaise presse. Et le nouveau film de Frédéric Beigbeder ne va pas arranger les choses. Avec L'Idéal, en salle depuis le mercredi 15 juin, le rédacteur en chef du magazine Lui s'attaque aux coulisses du mannequinat et de la mode, et plus particulièrement aux personnes qui en tirent les ficelles. Avec le ton cynique et grinçant qu'on lui connaît, Frédéric Beigbeder dénonce dans son film satirique les abus de pouvoir dont font parfois preuve les créateurs, les rédacteurs en chef des magazines de mode ou les directeurs de casting en imposant leurs diktats à toute la société.

"Ce sont des dictateurs qui disent 'Toi, oui. Toi, non', un peu comme à l'entrée des boîtes de nuit, déclare ainsi le réalisateur lors d'une interview pour Télé-Loisirs. 'Toi tu rentres, toi tu rentres pas. Tu es trop gros, tu es trop vieux...'. C'est assez effrayant que des gens soient payés pour dire ça au reste de l'humanité". Pour incarner son tyran à l'écran, Frédéric Beigbeder a choisi de faire revenir Octave Parango, le publicitaire cocaïnomane de 99 francs, incarné à l'écran par Gaspard Proust, qui a quitté son agence de pub afin de devenir model scout pour le compte d'une agence russe de mannequinat. Les "model scouts", qui n'ont rien à voir avec les boyscouts, ont pour mission de trouver les mannequins de demain. Afin de l'aider à dénicher la nouvelle égérie de la marque de cosmétiques "L'Ideal", dont la directrice est interprétée par Jonathan Lambert, grimée pour l'occasion en une femme perchée sur des talons hauts, Octave s'entoure d'une directrice visuelle sèche et autoritaire jouée par Audrey Fleurot. Au-delà du thème de la marchandisation du corps féminin par l'industrie de la mode, on retrouve dans L'Idéal les mêmes problématiques que dans le film 99 francs, adapté à l'écran par Jan Kounen : l'alcool, la drogue et le sexe.

En filmant de jeunes mannequins femmes, nues gavées à la vodka et à la cocaïne, d'aucuns se demanderaient si Frédéric Beigbeder ne cautionnerait pas ainsi ce qu'il prétend dénoncer. L'écrivain français de 50 ans reconnaît être plein de contradictions : "Cela fait 16 ans que j'ai publié 99 francs, et on me demande toujours pourquoi je critique un système auquel j'appartiens : et bien je n'ai pas la réponse, admet-il lors d'une interview à Metronews. Tout ce que je sais, c'est que je pourrais ne pas le faire et continuer à vivre en faisant de la pub, de la télé, un magazine de luxe avec des filles nues (ndlr, le magazine Lui)... Mais j'ai quand même envie d'en dire du mal : c'est ma manière de manifester", avoue-t-il .

 
1 commentaire - Frédéric Beigbeder : "Les gens de la mode sont des dictateurs"
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    Noli-Tangere2 -

    Et les metteurs en scène, ce ne sont pas des dictateurs? Et les politiciens? Et les gens de la musique? Et le monde de l'Art? Et celui de l'écriture? Si t'as pas le gros coup de pouce, tu peux aller te brosser!

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