Pourquoi mode et vulgarité vont de pair ?

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 Défilé prêt-à-porter Printemps-Été 2017 de Gucci, à Milan.

Défilé prêt-à-porter Printemps-Été 2017 de Gucci, à Milan.

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© Pixelformula, Gucci
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Hélène Garçon

La mode est-elle nécessairement vulgaire ? Et le mauvais goût est-il une affaire de mode ? L'exposition "Le Vulgaire : la mode redéfinie", qui a ouvert ses portes le 2 février 2017 au centre Barbican de Londres, tente à travers une rétrospective de 500 ans d'histoire de la mode de redéfinir les valeurs esthétiques et la notion de "bon goût".

La Fashion Week n'a plus seulement vocation à présenter ce que l'on portera demain, elle est aussi devenue, pour les créateurs, le théâtre de toutes les provocations. En janvier 2015, Rick Owens faisait défiler des mannequins masculins, leur attribut génital à l'air. Dans les années 1980, Jean-Paul Gaultier défrayait la chronique en présentant des modèles de jupes pour homme, tandis que vingt ans auparavant, c'est son confrère, Yves Saint Laurent, qui choquait les journalistes mode avec son smoking pour femme. D'aussi loin que remontent les premiers défilés, et plus généralement, les premières collections de vêtements, la mode s'est toujours jouée des conventions en explorant les frontières de la bienséance et en explosant celles du conformisme.

Avant-gardistes pour certains, vulgaires pour d'autres, plusieurs de ces tendances ont poussé Judith Clark et Adam Philips, les commissaires de l'exposition "The Vulgar" à remettre en question les canons esthétiques de notre époque, mais aussi ceux des siècles précédents. Ils ont ainsi choisi de confronter, par exemple, des designers contemporains, tels que Gareth Pugh ou Alessandro Michele (Gucci), à des pièces datant de la Renaissance, pour souligner la dimension cyclique de la mode, prouvant ainsi que le vulgaire d'hier est le bon goût d'aujourd'hui et vice versa.

Être vulgaire reviendrait-il à défier les codes ?

"La vulgarité, comme la beauté, est dans les yeux de celui qui regarde", écrit dans le catalogue de l'exposition la commissaire Judith Clark. Laquelle, à travers l'exposition, a voulu défaire la connotation péjorative liée à ce mot, qui vient d'ailleurs du latin vulgaris, de vulgus, qui signifie "foule, commun des hommes".

Paradoxal ? Pas vraiment ! Le psychanalyste Adam Phillips, co-commissaire de l'exposition, définit la vulgarité comme une tentative de "créer de l'inacceptable, une forme de protestation qui conteste les normes culturelles". Un terme utilisé donc pour tout objet ou personne qui bousculerait les codes et qui s'affranchirait des conventions imposées par la société. Une liberté d'expression à laquelle tendent finalement les créateurs de mode au travers de leurs collections.

 
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