Alain Pompidou a appris tardivement qu'il avait été adopté

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Alain Pompidou pose dans son bureau de l'Office européen des brevets à Munich, le 24 septembre 2004.

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© Abaca, Frank Moechler
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Fabien Gallet

Georges Pompidou et sa femme Claude, n'ont pas eu d'enfant biologique. L'ancien président de la République disparu en 1974 et la Première dame ont toutefois adopté un garçon. Aujourd'hui âgé de 74 ans, Alain Pompidou revient sur son adoption découverte sur le tard.

"Je suis marqué par le secret." C'est par ces mots lourds de sens que le fils adoptif de l'ancien président de la République Georges Pompidou, résume une partie de sa vie dans une interview accordée au magazine VSD, en kiosque ce jeudi 20 octobre, à l'occasion de la sortie de son livre intitulé "Claude. C'était ma mère". "Les Français se rappellent son élégance, sa prestance, mais le souvenir s'estompait un peu", explique Alain Pompidou qui offre un ouvrage hommage à l'ex-Première dame, décédée en 2007, chargé de confidences. Il y aborde notamment un "problème d'adoption".

"Problème car mes parents m'ont toujours caché le fait que j'avais été adopté", révèle-t-il. "À cette époque, en 1942, le fait de ne pas pouvoir avoir d'enfant était considéré comme infamant. Ça ne se disait pas", précise ce professeur de médecine, ancien président de l'Office européen des brevets qui a fêté ses 72 ans l'été dernier, avant de noter : "Aujourd'hui, adopter est un geste valorisant dont certains se glorifient."

"Ma mère ne voulait pas qu'on en parle"

Georges et Claude Pompidou ont donc caché cette adoption au principal intéressé. "Non seulement mes parents ne m'en ont jamais parlé mais ils l'ont toujours caché. Ma mère ne voulait pas qu'on en parle", confie l'auteur qui profite de cette interview pour clarifier certains points sur sa petite enfance. "Je suis né en avril 1942, à Paris, dans une clinique du 16e arrondissement, et j'arrive dans cette famille trois mois plus tard, le 5 juillet. Sur Wikipédia, je suis né en juillet 1942 !, s'amuse-t-il. Le "couple fusionnel" que forment celui qui est alors "prof de lettre à Paris IV" et son épouse, se transforme en un "trio fusionnel" après l'adoption. "Si mes origines étaient cachées, moi pas", estime Alain Pompidou qui se souvient que son père l'emmenait partout avec lui.

Ses origines, ce dernier les découvre finalement à 35 ans. "Un jour, un chauffeur de taxi qui me dépose quai de Béthune (le domicile familial, ndlr), me dit : 'C'est ici qu'habite Mme Pompidou avec son fils adoptif.'" Une révélation surprenante qui le laisse pantois. "J'ai alors posé la question à ma tante, qui a précisé : 'C'est merveilleux, tu as été adopté en pleine guerre.'"

Une découverte tenue secrète

Pourtant, Alain Pompidou gardera pour lui sa découverte et ne pipera mot à ses parents adoptifs. "J'ai gardé le secret. Ils ne savaient pas que je savais. C'était de l'intoxication collective : ils ne voulaient pas se douter que je savais. Ça a été un choc de l'apprendre", poursuit-il avant d'expliquer avoir "digéré" la nouvelle "au bout de six mois". "Et puis, j'aurais pu tomber plus mal !, lance-t-il.

Je n'ai jamais voulu pénétrer leur jardin secret par respect, par reconnaissance de ce qu'ils ont fait pour moi. Certains journalistes, quand mon père était à Matignon puis à l'Elysée, l'ont fait chanter et se sont fait payer pour ne pas le révéler. C'était une obsession de garder le secret, surtout chez ma mère qui considérait ça comme un échec qui portait ombrage à sa stature, à sa dignité", ajoute le fils du Président défunt avant de conclure, valorisant le comportement de son père : "C'est sans doute le dernier président de la République resté fidèle à sa femme."

 
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