EXCLU - Benjamin Castaldi : "J'ai désacralisé la télévision"

EXCLU - Benjamin Castaldi : "J'ai désacralisé la télévision"

Benjamin Castaldi

A lire aussi

Fabien Gallet

Il compte bien oublier l'échec de L'Académie des 9 sur NRJ 12, chaîne sur laquelle il officie depuis l'été 2015. Avec sa nouvelle émission, un jeu télé baptisé Super Million Question et lancée ce vendredi 18 décembre 2015 à 20h55, Benjamin Castaldi compte bien changer la donne !

Plus motivé que jamais, l'animateur vedette de Loft Story et de Secret Story, qui a sorti début novembre 2015 son autobiographie intitulée Pour l'instant tout va bien, revient pour nous sur son parcours au sein du PAF mais aussi sur la télé-réalité, omniprésente dans sa carrière, qui lui a valu de nombreuses menaces de mort, ce qu'il expliquait dans son livre. Une période difficile pour celui qui a vu sa carrière décoller grâce, entre autres, à Michel Drucker.

Orange Tendances : En 1994 vous rencontrez Michel Drucker... Quels liens gardez-vous avec votre mentor de l'époque ?

Benjamin Castaldi : Je garde avec lui un lien assez paternel. Dès que j'ai besoin d'un conseil ou d'un éclairage, je ne manque pas de l'appeler. Aujourd'hui on ne se voit pas beaucoup mais il reste quelqu'un de très proche. C'est mon père spirituel de la télévision et l'homme qui m'a fait confiance pour la première fois, donc c'est très important.

Vous avez rencontré de nombreuses stars en travaillant sur France 2 et TF1. Quelle est la rencontre qui vous a le plus marqué en tant que journaliste ?

J'ai des chocs qui me reviennent. Je ne l'ai pas raconté dans le livre, mais il y a une interview qui m'a traumatisé, celle de Mel Gibson que j'avais menée à l'occasion de la sortie de Braveheart. En jeune journaliste pas très éclairé, je lui ai demandé ce que ça faisait de porter le kilt - en sous-titre, d'avoir les roubignoles à l'air - ce qui n'est pas très malin. Il m'a regardé avec ses grand yeux bleus et m'a dit : 'Freedom' (liberté, ndlr). Je pensais qu'il allait me casser la figure ! (rires).

Vous déclarez : "La caméra, je n'aime pas ça". C'est un comble au vu du reste de votre carrière !

Non je ne l'aimais pas. C'est tellement froid une caméra, tellement difficile à apprivoiser. Maintenant que je suis un vieux routard, forcément c'est beaucoup plus facile pour moi. Elle est devenue une amie alors qu'avant je la voyais comme une ennemie. Le rouge pour moi c'était le stress absolu ... Aujourd'hui c'est le moment où je commence mon métier.

Le succès de Loft Story vous a conforté sur votre décision d'intégrer le programme... Avez-vous des regrets d'autant plus que vous avez été menacé de mort ?

Non je n'ai aucun regret et aucun remord, même vis-à-vis des candidats. Je ne suis pas responsable du tout. J'ai toujours fonctionné par défi. A l'époque de Loft Story, c'était 7 jours sur 7 pendant près de trois mois. C'était énorme, entre les hebdos une fois par semaine à 20h30 et les quotidiennes à 19h, c'était un sacré boulot, tout ça en direct ... Un vrai challenge ! J'ai adoré faire ça mais je me suis dit qu'il était temps pour moi de passer à autre chose. J'ai 45 ans, comme dirait l'autre, je ne vais pas faire ça toute ma vie (rires).

Dans votre livre, vous revenez sur les dessous de la téléréalité dont Secret Story. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur ces genres d'émissions dont vous avez été le leader en France ? Les regardez-vous ?

Pas toutes, mais celles que j'ai présentées oui. Comme tous les genres en télé, ça va peut-être baisser un peu et revenir dans cinq, six ans, ou dans dix ans. Mais c'est un cycle, c'est un genre à part entière maintenant, quoi qu'on en dise.

"Tout n'est pas pourri au royaume de la télé". C'est vous qui le dites...

Il y a plein de gens très bien en télévision ! D'ailleurs il y a plus de gens biens que mauvais et ce malgré la forte concurrence. Valérie Damidot est plutôt charmante je trouve, elle est présente et solidaire. Foucault est un mec formidable, Nikos est un mec formidable, Nathalie André, la patronne des divertissements de France 2, est formidable, Nonce Paolini est un mec en or, Ara Aprikian est un mec formidable. Il y a des gens formidables dans ce métier !

Pourtant vous parlez d'une "banalisation" de votre métier... Est-ce qu'à un moment vous n'avez plus été passionné par ce rôle d'animateur ?

Non, en fait j'ai désacralisé la télévision. Pour moi maintenant c'est un métier et ça ne doit pas être une espèce de dogme. Il faut s'affranchir du côté exceptionnel de la télévision. Ce n'est pas parce qu'on est à la télé que l'on est au-dessus ou que l'on est différent. C'est un métier comme un autre, certes voyant, mais il faut prendre de la distance par rapport à ça.

Vous évoquez souvent le regard des autres. C'est quelque chose d'essentiel pour vous ?

Quand je me balade dans la rue, le regard des gens m'est très sympathique. Il ne faut pas se laisser emporter par tout ce qu'on peut lire de-ci, de-là, sur Internet, sur Twitter, Facebook et compagnie, ce n'est pas du tout révélateur. J'avais appris quelques chose de Michel Drucker, c'est qu'il est très facile de déverser des mauvaises paroles, et de prendre sa plume pour dire du mal plus que pour dire du bien. Donc il ne faut pas s'étonner que l'on reçoive beaucoup plus de messages de haine que de messages d'amour !

Vous avez rejoint NRJ12 cet été. L'Académie des neuf n'a pas eu le succès escompté. Quelle est la raison selon vous ?

Je n'ai aucun regret. On a fait ce qu'on devait faire, on a fait, je pense, du mieux possible. Maintenant est-ce que c'était le bon horaire, est-ce que c'était la bonne stratégie ? Je ne suis pas sûr, mais avec des "si" on referait le monde. On a tenté, c'est la dure loi de la télévision, parfois on réussit, parfois on se plante. On s'est planté, next !

 
6 commentaires - EXCLU - Benjamin Castaldi : "J'ai désacralisé la télévision"
  • [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]