Jacques Weber : "J'ai vu trop d'amis partir"

Jacques Weber : "J'ai vu trop d'amis partir"

Jacques Weber

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Fabien Gallet

A 66 ans, Jacques Weber n'a pas dit son dernier mot. Le comédien s'apprête en effet à remonter sur scène dans la pièce Éclats de vie. A cette occasion, l'artiste s'est exprimé dans une longue interview accordée au magazine VSD, en kiosques le jeudi 7 janvier 2016. Il y évoque sa passion pour les planches, l'une de ses rencontres les plus importantes de sa carrière ou encore son addiction pour l'alcool et les femmes.

Après quarante ans de carrière, une cinquantaine de films, bien plus encore de pièces de théâtre parmi lesquelles de grands classiques (Le Tartuffe, Cyrano de Bergerac ou encore Phèdre), Jacques Weber est infatigable. Il faut dire que son lien avec le théâtre lui vient de son enfance et ne l'a jamais quitté. "J'étais très, très mauvais à l'école, révèle le comédien. Viré de partout. Un animal inadapté. J'ai eu le BEPC à l'oral

de rattrapage (...). Un jour, se souvient-il, en classe de 5e ou de 4e, j'ai récité le Je vous salue Marie avec une de mes chaussures sur la tête. Une façon excentrique et déjà marquée pour le théâtre, je pense, de me mettre à l'aise avec ma timidité, de me faire remarquer. Une façon de dire : 'J'existe.' Un poil excessif peut-être dans la représentation !", admet-il au passage.

Mais tout cela, c'était sans compter la rencontre de Weber avec un autre monstre du cinéma, Pierre Brasseur, le père de Claude. "C'est quasiment un père de théâtre", estime Jacques Weber qui développe dans l'entretien les circonstances de leur rencontre. "J'ai joué avec Bras­seur et... il m'a appris la nuit", ajoute-t-il. Un apprentissage auprès de l'artiste qui l'a amené à sombrer dans l'alcool. "Je ne buvais pas à l'époque, ce qui fait que, dans la nuit, je m'en­fi­lais vingt Oran­gina quand lui s'en­voyait vingt verres de bordeaux ! (...) J'ai commencé à l'imiter. Je 'bras­seu­ri­sais'. Ça marchait bien pour la drague." En effet, Jacques Weber multiplie alors les conquêtes. "J'étais un très beau garçon. On disait : 'Oh la la, planquez les gonzesses, Weber arrive !'". Mais l'addiction l'a peu à peu rongé, jusqu'à ce qu'il décide de couper court.

Aujourd'hui "c'est complètement fini, assure le comédien. Je ne bois plus du tout. J'ai vu trop d'amis partir, confie-t-il. Moi-même, j'étais alcoolique. Je ne me rendais plus compte de ce que je buvais avant de rentrer en scène. Et puis, à un moment (...), j'ai dit : 'On arrête tout.' J'ai fait une désin­tox, et depuis deux ans je ne bois plus une goutte. Et j'ose le dire : je trouve que je fais mieux mon métier. Ça va mieux dans ma tête", conclut Jacques Weber prêt à en découdre à nouveau sur les planches.

 
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