Faire un bébé toute seule

Faire un bébé toute seule

La maternité solo : le choix de plus en plus de femmes.

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Hélène Demarly

Elles sont célibataires, ont plus de 35 ans mais désirent un enfant plus que tout. Il y encore quelques années, ce choix semblait hors norme, à l'encontre du schéma familial classique. Aujourd'hui pourtant, de plus en plus de femmes décident de devenir mère en l'absence de conjoint. Pourquoi et comment s'y prennent-elles ?

Certaines femmes ont un désir d'enfant tellement fort, qu'elles ne peuvent s'en défaire. Célibataires, elles angoissent, la quarantaine approchant, de ne plus être assez fertiles pour pouvoir tomber enceinte. Alors même seules, elles osent. Mieux vaut tenter que de prendre le risque de ne plus pouvoir avoir d'enfant.

Une course contre la montre

Dans son livre "maternité solo", (2016) la sociologue Dominique Mehl dresse le portrait de ces femmes qui ont fait le choix d'élever un enfant sans conjoint et qui avouent toutes (elles sont une vingtaine) que leur désir d'enfant est plus fort que tout. Des femmes qui ont plus de 35 ans et qui ne peuvent envisager un seul instant d'avoir une vie sans donner la vie. Après plusieurs relations amoureuses qui n'ont jamais abouti à une vie de famille, des ruptures et des déceptions, elles se retrouvent avec leur horloge biologique qui implacablement tourne et une fécondité qui décroît. Elles décident alors de s'engager en solo dans la maternité. Un choix qui n'est "pas un caprice d'adulte", mais qui est pour elles "une évidence". Un enfant d'abord, un homme plus tard, peut-être. L'ordre est inversé.

Plusieurs solutions sont envisageables

En France, l'adoption est autorisé pour les femmes célibataires, mais reste très compliquée. Quant aux procréations médicalement assistées, elles sont tout bonnement interdites par la loi. Pour la contourner, bon nombre de femmes n'hésitent pas à faire le voyage en Espagne ou en Belgique pour avoir recours au don de sperme, d'ovocyte - ou même les deux, moyennant tout de même, plusieurs milliers d'euros (1500 euros en moyenne, sachant que plusieurs tentatives sont souvent nécessaires). Impossible de savoir combien partent chaque année à l'étranger faire un bébé toutes seules, mais rien qu'en Espagne, 120 cliniques proposent l'insémination et les Françaises représenteraient 10% de la clientèle. À la procréation assistée, certaines femmes préfèrent l'insémination "artisanale", en ayant recourt à un donneur de sperme connu, un ami ou un collègue ou alors trouvé à l'aide de petites annonces en ligne. L'insémination se fait de manière "naturelle" ou en injectant le sperme à l'aide d'une seringue.

Un choix parfois difficile à assumer

Se lancer dans la maternité solo est un acte courageux, mais qu'il faut être capable d'assumer dans une société où le schéma familial classique papa/maman reste la norme. Faire un enfant seule est encore perçu comme un désir narcissique, égoïste, parfois même par l'entourage proche de celle qui le souhaite pourtant plus que tout. Les mères solo culpabilisent aussi beaucoup de l'absence de père. Pourtant, être monoparental n'exclut pas, bien au contraire, de donner de l'amour à son enfant, ni une présence masculine, qui peut être comblée par d'autres hommes, qu'ils soient dans le cercle familial ou amical. Et quand bien même, il ne faut pas oublier qu'une famille sur cinq est aujourd'hui monoparentale en France, le plus souvent à l'issu d'une séparation.

 
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