Grossophobie, un combat à ne pas prendre à la légère

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 La grossophobie désigne la discrimination envers les personnes en surpoids.

La grossophobie désigne la discrimination envers les personnes en surpoids.

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© iStock, champja
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Hélène Garçon

Au quotidien, beaucoup de personnes en surpoids sont victimes de moquerie et de mépris. À l'heure où la minceur est érigée comme unique canon de beauté, la grossophobie prend inévitablement de plus en plus d'ampleur dans notre société qui, souvent de façon inconsciente, s'acharne à mettre "les gros" à l'écart.

Il aura fallu attendre que Rihanna se fasse tacler sur ses rondeurs pour que le grand public se rende compte de l'existence d'une grossophobie. En juin 2017, après la parution de photographies de la star ayant pris un peu de poids, un blogueur américain a écrit : "C'est peut-être une mauvaise photo, ou elle a trop profité du room service ou alors, croisons les doigts, elle est enceinte, ce qui serait un tel soulagement, parce qu'au moins elle ne serait pas grosse". L'article, supprimé depuis, avait alors déclenché la furie des internautes qui sont montés au créneau pour défendre leur idole. Rihanna a beau jouir d'une notoriété internationale, elle n'est pourtant pas la seule à être victime de grossophobie, un mot inventé pour dénoncer la discrimination envers les personnes en surpoids. Malheureusement pour eux, les quelques 6,5 millions de Français obèses (selon l'Organisation Mondiale de la Santé) n'ont jamais bénéficié d'une telle compassion, bien au contraire.

La grossophobie, un tabou

Coïncidence, peu de temps après l'épisode de Rihanna est sorti aux éditions Goutte d'or "On ne naît pas grosse", un livre écrit par Gabrielle Deydier. Cette journaliste de 37 ans, pesant 140 kg pour 1,53 m, y dénonce noir sur blanc la discrimination permanente dont sont victimes les gros au quotidien, et brise pour la première fois le tabou de la grossophobie. "Après avoir été méprisée et jugée pendant des années, j'ai décidé d'écrire pour ne plus m'excuser d'exister", déclare-t-elle dans son ouvrage qui décrit de nombreuses situations où elle a été victime de discrimination. Au supermarché par exemple où le contenu de son chariot a souvent été passé à la loupe, ou encore chez le dentiste qui redoutait qu'elle ne casse son nouveau fauteuil.

Mais pourquoi tant de haine ? Selon l'auteure, la société considère que "le gros est responsable de son état. C'est une maladie de la volonté". Les "gros" seraient-ils méprisés pour la simple raison qu'ils manqueraient de volonté ? A priori, oui. Dans une société qui martèle à longueur de journée que la pratique d'une activité physique régulière et qu'une alimentation variée et équilibrée sont essentielles pour la santé, le gros fait figure de vilain petit canard, refusant de se plier aux "normes". Seulement parfois, rentrer dans les cases n'est pas aussi facile qu'on pourrait le prétendre.

Un cercle vicieux

Pour Gabrielle Deydier, l'obésité peut ainsi s'expliquer par des prédispositions héréditaires, ou par un contexte familial ou social difficile. Une étude de l'Inserm datant de 2016 montre ainsi une corrélation entre le taux d'obésité, et la rémunération salariale. Ainsi, on recense 30,7 % de femmes obèses gagnant moins de 450 euros par mois, contre 7 % chez celles avec un salaire égal ou supérieur à 4200 euros par mois. Un cercle vicieux, puisque selon un rapport de l'Organisation internationale du travail, les femmes obèses ont huit fois plus de risques d'être discriminées à l'embauche, par rapport à celles présentant un indice de masse corporelle normal.

 
37 commentaires - Grossophobie, un combat à ne pas prendre à la légère
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    lianeliane -

    Encore une demande de compassion .

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    razakam -

    mdr relisez l'article c'est une perle de stagiaire en journalisme ça : "Il aura fallu attendre que Rihanna se fasse tacler sur ses rondeurs pour que le grand public se rende compte de l'existence d'une grossophobie".....styla avant Rihannaon ne c'etait appercu de rien. Rhalala quel monde de débiles dans lequel je vis...

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    Bessie -

    Je suis une grande obèse comme ma mère et j'ai été toute ma vie en surpoids. Il est désolant et douloureux de constater à quel point la société nous culpabilise comme des monstres. L'obésité est un phénomène très complexe, il est certain que l'alimentation et la sédentarité n'arrangent rien. Mais la réduire à des gens qui sont fainéants et sans volonté est stupide et montre l'ignorance de beaucoup quant à ce mal. Nous ne sommes pas tous égaux face à la nourriture, sinon, il n'y aurait pas de familles de gros ! Il y a nécessairement des facteurs génétiques. Mais trouver les gènes responsables sera très long et je pense que je ne connaîtrai helas pas les traitements qui tôt ou tard arriveront ! En tous cas je voudrais dire que les réflexions et méchancetés (y compris dans le monde médical) font très mal et donnent souvent envie d'en finir... pour de bon.

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    RAPTOR622 -

    bonjour, je me prénom johnny, je suis assez jeune et je pèse 150 kg pour 1 m50, je me trouve bien, et je ne comprend pas bien tout les commentaire sur les régimes, merci!!!!

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    electro -

    Si vous vous amusez, j'en suis ravie. Bon W.E. .

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    save35 -

    Le problème c est de ne pas tout assumer car quand on est gros on est plus malade, on coute plus cher a la société et médicalement c est un vrai problème....
    donc faire ce que l on veut est un peu facile...

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    templier29 -

    et bien perso je fais ce que je veux, je méprise les donneurs de leçons et les baveux moralistes et le regard que les autres portent je m'en tape, nous sommes sur terre pour soi, pour se faire plaisir et pas pour les autres!

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    happybernard -

    selon vous les gros coûtent cher à la société, mais tout le monde coûte à la société : ex combien de personnes qui jouent au foot ont des problèmes de tendon, de genou erc... pour tous les sports il en découle des problèmes et pourtant un footeux n'est pas gros et il coûte très cher, si l'on veut on peut critiquer tout le monde

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    Mouton2France -

    Dans les années 40 , votre raisonnement allait beaucoup plus loin et c'était à cause de gens comme vous

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    Michmicho -

    Mouton2, Dans les année 40, il n'y avait pas de sécu. Il n'y avait pas énormément de gros non plus. Les seuls à être gros était victimes de maladie. De nos jours, leur nombre est exponentiel. L'accès facilité à une alimentation trop riche lié à une sédentarité excessive en sont les critères les plus favorable. Comparez les photos de classe des années 40/50 avec celle de maintenant et vous verrez la progression. L'agro alimentaire y est aussi pour quelque chose puisque nous sommes inondé de sucre dans les plats les plus surprenant. personnellement je ne vois pas l'utilité de mettre du sucre jusque dans les sardines à l'huile. Pour ce qui est du traitement de la malbouffe, c'est le fric qui sert de référence, inutile donc d'attendre la solution des grands décideurs.
    C'est donc à chacun de prendre conscience de ses propres excès et des conséquences induite.
    Toutefois, notre société (et ses membres) refuse l'effort et c'est pourquoi il est plus facile de dire aux gens de s'assumer tel qu'ils sont...
    Je précise que ma réaction ne s'adresse nullement à ceux dont la maladie entraine une prise de poids contre laquelle ils ne peuvent rien.

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