Telle mère, telle fille ?

Telle mère, telle fille ?

Telle mère, telle fille ?

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Mélissa Darré

"Telle mère, telle fille". Depuis la nuit des temps, la sagesse populaire le répète à qui veut bien l'entendre. Mais en réalité, bien qu'unies par un lien particulier, toute fille doit-elle forcément évoluer "à l'image" de sa mère ? Rien n'est moins sûr !

Vanessa Paradis et Lily-Rose Depp, Nathalie Baye et Laura Smet, Jane Birkin et Lou Doillon... Les duos mère-fille iconiques ne manquent pas. Et, tantôt en cultivant une ressemblance physique, tantôt en poursuivant une passion commune, chacun à leur manière nourrit ce goût pour le mimétisme. Mais alors, chaque fille serait-elle en quelque sorte prédisposée à devenir le "portrait craché" de sa maman ?

Une fusion nécessaire au plus jeune âge

Véritable repère sensoriel, affectif et psychique, la mère s'impose comme le pilier du bébé, de sa conception à ses premiers mois de vie. Répondant aux besoins essentiels de son enfant, elle instaure avec lui une forme de fusion indispensable à son bon développement. Dans le cas particulier de la relation mère-fille, cette étape est davantage accentuée dans la mesure où les deux sont du même sexe. La psychologue Sonia Prades parle à ce propos de "tentation de l'identique" dans son ouvrage "Telle mère, quelle fille ?". "Pour la mère, le fantasme d'avoir mis au monde son double n'est jamais loin. La petite fille porte dès le début de sa vie une ressemblance physique avec sa mère", explique-t-elle.

Une séparation indispensable pour grandir

À ces similitudes physiques reçues en héritage, s'ajoutent également certains goûts, expressions ou encore mimiques acquises par le simple fait de vivre ensemble. La mère est effectivement, le plus souvent, le premier modèle de sa fille qui peut aller jusqu'à nourrir un complexe d'Oedipe. Mais le temps passant, il devient primordial pour l'enfant qui se métamorphose en adulte de se démarquer de l'empreinte maternelle. Une phase qui n'est généralement pas sans heurts puisque synonyme de rivalité. La fille cherchant à s'affirmer en tant que femme à côté de sa mère, tandis que cette dernière prend désormais conscience du potentiel de séduction de sa progéniture.

De la fusion à la confusion ?

Si l'évolution des mentalités offre aujourd'hui une plus grande proximité entre mère et fille, celle-ci peut néanmoins brouiller les pistes. De la tendance "mère-copine" au syndrome du jeunisme, une confusion des rôles s'installe comme l'illustre par exemple la fameuse campagne mère-fille de la griffe Comptoir des Cotonniers. Il peut être rassurant et confortable pour l'enfant, même devenu grand, de se réfugier dans le cocon de la relation maternelle. Pour autant, son plein épanouissement passe nécessairement par une différenciation : mère et fille doivent accepter que l'une et l'autre ne sont pas un miroir, une rivale, un autre moi ou une copine. En cela, la maman se doit de laisser toute latitude à son enfant pour trouver et exprimer les codes de sa propre féminité.

 
12 commentaires - Telle mère, telle fille ?
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