Violences faites aux femmes : une ancienne femme battue témoigne

Violences faites aux femmes : une ancienne femme battue témoigne

Violences faites aux femmes : une ancienne femme battue témoigne

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Hélène Demarly

À l'occasion du 25 novembre 2015, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, découvrez le témoignage de Morgane Seliman, ancienne femme battue. Après des années de souffrance, elle a finalement eu le courage de parler, de fuir et de raconter son histoire dans un livre aux éditions XO Document Il m'a volé ma vie, pour se reconstruire et aider les victimes de violences conjugales à sortir du silence.

Selon l'ONU, au moins une femme sur trois est victime de violence sexuelle ou physique au cours de sa vie, et rien qu'en France, 118 femmes sont mortes en 2014, sous les coups de leur conjoint ou "ex", soit presque une tous les trois jours. Problème, sur plus de 200 000 victimes par an, moins d'une sur trois le signale à la police. Il faut donc tenter de libérer la parole, premier pas vers la prise de conscience. Morgane Seliman, 32 ans, elle-même victime pendant plusieurs années, accepte maintenant de témoigner pour inciter les autres femmes à ne plus se taire.

"Les coups ont commencé quand j'étais enceinte"

La violence s'est installée dès le début de sa relation avec Y. "Au départ, nous avions des disputes violentes et il me poussait souvent. Je me disais que c'était ça l'amour, la passion. Les coups ont commencé quand je suis tombée enceinte. Il me frappait partout sauf sur le ventre". Devenue son esclave domestique, elle se plie à tous ses désirs, mais au moindre faux pas, il l'a frappe. "Lui poser son jus d'orange sans dessous de verre, par exemple, ça l'énervait direct", nous explique-t-elle.

"Dans quatre heures je te défonce"

Son compagnon met en place un système de compte à rebours. Refusant de la battre devant leur fils, il attend l'heure de la sieste avec impatience. "Il me disait : 'Dans quatre heure je te défonce'. Ensuite c'était 'plus que deux heures, c'est chaud pour toi'. Puis, 'il te reste un quart d'heure'. Après avoir couché mon fils à 14h, je n'avais alors plus d'autre choix que de descendre les escaliers pour aller voir mon bourreau".

Commence alors le terrible jeu : "Debout, les bras le long du corps, il teste mes réflexes et je ne dois pas bouger. C'est d'abord des claques, puis des coups de poings, et quand je suis à terre, des coups de pieds. Plus je bouge ou le supplie d'arrêter, plus il frappe. La seule chose qui l'arrête c'est la vue du sang, qu'il ne supporte pas".

Ces violences, Morgane va les subir pendant quatre ans, presque tous les jours. "Il est arrivé que je sois gravement blessée au point de m'évanouir et de ne me réveiller que quelques heures plus tard voire le lendemain. C'est alors lui qui me soigne. Pas question de m'emmener à l'hôpital".

Pourquoi ne pas être partie ?

"Je vivais tellement dans la peur que je ne pouvais plus penser. Je savais qu'il était fou, mais j'étais amoureuse et je pensais qu'il finirait par changer. Il m'avait aussi totalement coupé de ma famille et de mes amis. Je n'avais personne à qui parler, j'étais totalement sous son emprise", explique-elle.

C'est un ami d'enfance qui va lui sauver la vie. "Je ne l'avais pas revu depuis des années, mais il a tout de suite compris. Il faut dire qu'à l'époque j'étais très maigre et les bleus étaient parfois difficile à cacher". Il la pousse alors à contacter une association d'aide aux victimes de violences conjugales, et elle intègre un groupe de parole.

"C'est grâce à cette association que six mois plus tard, un dimanche, après de nouvelles menaces où j'ai vraiment cru qu'il allait me tuer, je trouve le courage d'appeler les gendarmes et de m'enfuir". Y. passe alors en comparution immédiate. Il écope de 18 mois dont 12 fermes, et sort au bout de six pour bonne conduite.

Mais dès sa sortie de prison, il commence à la harceler. Morgane est partie se cacher en Normandie dans un appartement prêté par l'association, il l'a retrouve pourtant, via l'école où leur fils est scolarisé. "Il avait appelé toutes les académie de France", explique Morgane, "il payait des gens pour me suivre, ce qui lui permettait de m'envoyer des messages comme (j'adore le petit haut que tu portait aujourd'hui quand tu as pris le bus'".

Mais elle reste déterminée : "J'ai déposé en tout sept plaintes". Finalement passé en jugement en octobre 2013 après avoir fait appel et un procès reporté, son ancien compagnon a été condamné à lui verser un seul euro symbolique.

"C'est une chance d'être vivante"

Battante jusqu'au bout, Morgane publie ce livre pour témoigner de la lenteur et de l'inefficacité de la justice concernant la protection des victimes de violence conjugale. Elle espère aussi pouvoir aider les femmes qui sont toujours dans la situation qu'elle a vécu."Surtout qu'elles ne perdent pas espoir, il faut qu'elles se tournent vers des groupes de paroles, des associations, pour réaliser qu'elles ne sont pas seules".

Aujourd'hui, elle se dit "chanceuse de pouvoir témoigner. D'être vivante". Mais son combat n'est pas fini. Le 17 novembre dernier, l'ordonnance de protection qui interdisait à Y. tout contact avec elle a pris fin et n'a pour l'instant par encore été renouvelée. Depuis la publication de son livre et son passage dans une émission de télévision, la jeune femme a reçu plusieurs menaces de mort de sa part sur son répondeur. Et en attendant, il continue d'avoir la garde de son fils la moitié des vacances scolaires, comme l'exige la loi.

 
5 commentaires - Violences faites aux femmes : une ancienne femme battue témoigne
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    titine540 -

    je suis mariée depuis 43 ans et je connais mon mari depuis 47 ans j'ai 63 ans nous avons un respect immense envers l'autre et nous dialoguons beaucoup, j'ai toujours travaillé justement pour être indépendante financièreement nous avonseu un fils de 39 ans qui est marié et avons le bonheur d'avoir un petit fils notre soleil LE BONHEUR EXISTE!!!!!!!!!!!!!!!!!

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    titine540 -

    Les hommes qui frappent les femmes, enfants sont des lâches des salauds, on ,devrait leur faire la même chose en prison!!!!!!!!!!!!! Courage aux femmes battues ayez la force de quitter ces pourritures, vous méritez mieux et vos enfants aussi

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    armanou -

    un coup et même pas ! peut être même une seule menace ou un mot de travers je serais partie, même amoureuse, car à la seconde ou je me serais sentie menacée plus question d'être amoureuse mais méfiante et la fuite tout de suite, il y a toujours quelqu'un , ou un lieu pour demander "asile" ou aide , un hôtel avec enfant sous le bras bien sur et tout d'abord !!!!

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    lbj30011976 -

    et sinon moi c'est le contraire, c'est les femmes qui me bousillent.

    honteux de taper 1 femme

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    lbj30011976 -

    et je suis toujours fouofufoufoufofufouffou amoureux de la plus belle meuf du monde.

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    lbj30011976 -

    H.O.N.T.E.U.X. de taper 1 femme.

    moi j'aime (beaucoup) les femmes et voilà pourquoi jamais jamais je ne taperais 1 femme. ok ok j'avoue je suis marié donc pas le mari idéal mais never never battre.
    H.O.N.TE.U.X.

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