L'amour à l'épreuve du handicap

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12 millions de Français sur 65 millions sont touchés par un handicap, d'après l'INSEE.
12 millions de Français sur 65 millions sont touchés par un handicap, d'après l'INSEE.
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© iStock, KatarzynaBialasiewicz
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Anthony Vincent

Au-delà des questions de confiance en soi, d'apparence et de préjugés, les personnes en situation de handicap subissent plus d'abus qu'on ne le croit. D'où l'importance encore plus grande du respect et de la communication pour atteindre une vie amoureuse et sexuelle épanouie.

"J'ai moi-même été amoureux d'une personne différente (...). Je crois que j'ai été un peu lâche finalement. Je n'ai pas eu le courage", raconte Franck Dubosc le 5 mars 2018 dans l'émission Quotidien pour la promotion de "Tout le monde debout", romance sur fond de handicap en salle dès le 14 mars 2018. "Il faut avoir du courage de tomber et de rester amoureux de quelqu'un qui a un handicap", témoigne celui qui s'est en partie inspiré de sa propre vie pour le film. Du courage, il en faut au moins autant du côté des personnes en situation de handicap pour qui une vie amoureuse peut être semée d'embûches, voire d'abus.

"La plupart vont fuir"

En premier lieu subsistent les préjugés et idées reçues des valides qui peinent à considérer les invalides comme des partenaires sentimentaux ou sexuels potentiels. En particulier du côté des handicaps moteurs, généralement plus visibles et susceptibles d'être jugés inesthétiques. Pour les handicaps psychiques, qui ne se voient pas forcément tout de suite, la discrimination peut être plus insidieuse. Diagnostiquée schizophrène, Anaïs*, 24 ans, se rend bien compte que les gens ont du mal à comprendre de quoi il en retourne : "Genre, on va croire que je vais avoir des sautes d'humeur, pour les clichés les plus gentils, ou même tuer quelqu'un pour les plus violents. Alors que moi, j'essaie de vivre avec ça au quotidien." Dans ses relations amoureuses, son trouble a déjà été brandi par ses partenaires contre elle : "Des ex m'ont dit que j'étais complètement folle, pour me déstabiliser. Ou encore, lorsque j'avais des idées un peu loufoques, c'était ma maladie qui me faisait faire ça." Depuis, elle évite de le dire au maximum, et quand certains l'apprennent, "la plupart vont fuir".

En plus des discriminations, les personnes en situation de handicap subissent plus souvent qu'on ne le croit des abus. D'après une étude de 2014 menée par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne, 31% des femmes invalides sont ou ont été victimes de violences physiques et/ou sexuelles. Un nombre largement sous-estimé selon des associations spécialisées.

"Quelqu'un qui sait écouter mes besoins"

Plus que dans n'importe quel couple, confiance et respect doivent donc régner dans une relation amoureuse incluant le handicap. "Avec d'anciens partenaires, il m'arrivait de me forcer", témoigne Anaïs* qui s'épanouit aujourd'hui dans une relation stable depuis deux ans, malgré sa schizophrénie qui nuit à sa libido : "J'ai trouvé quelqu'un qui sait écouter mes besoins et qui ne me force en rien." Si elle a conscience que beaucoup de personnes handicapées psychiques sont célibataires, elle invite les valides à vaincre leurs préjugés car "le jeu en vaut la chandelle" et celles handicapées à dédramatiser : "N'ayez pas peur, [les valides] sont névrosés aussi pour la plupart !"

*Le prénom a été modifié

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