Pourquoi les sex shops n'ont plus la cote ?

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Les sex shops ne sont pas parvenus à résister à la démocratisation d'Internet.
Les sex shops ne sont pas parvenus à résister à la démocratisation d'Internet.
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© Adobe Stock, Stephen

Émilie Nougué

Après l'ouverture du premier d'entre eux en 1962 à Flensbourg, à la frontière germano-danoise, les sex shops se sont rapidement multipliés en Europe ou aux États-Unis, y compris dans l'Hexagone. Mais aujourd'hui, ils n'attirent plus autant les clients et nombre d'entre eux sont contraints de mettre la clé sous la porte.

Un succès fulgurant

C'est dans les années 1970 que les sex shops ont connu leur âge d'or. Autour de l'année 1973, ils sont nombreux à ouvrir leurs portes dans les principales villes françaises. En tête, Paris évidemment, où ces établissements se concentrent dans le quartier Pigalle, rue de la Gaîté ou rue Saint-Denis. Des dizaines de boutiques se mettent à vendre des sex-toys, des préservatifs et des lubrifiants, des tenues érotiques ou encore des revues et films à caractère pornographique. Certaines proposent même de visualiser les films sur place ou organisent des peep-shows, ces spectacles lors desquels une hôtesse réalise un strip-tease dans une cabine privative.

L'arrivée d'Internet

Au cours des années 1980, les sex shops poursuivent leur croissance et font partie intégrante du paysage urbain. Mais un événement va marquer le début de leur déclin dans les années 1990 : la démocratisation d'Internet. Les vidéos pornographiques disponibles sur le Web ainsi que les shows coquins par webcam, qui sont en réalité la version 2.0 des peep-shows, font perdre aux boutiques de sexe de nombreux clients.

Mais ce n'est pas tout, comme l'expliquait Maurice Laroche, le propriétaire du dernier cinéma porno de Paris, dans un article publié par L'Obs en août 2018 : "Aujourd'hui, Tinder et Grindr (des applications de rencontre, ndlr) représentent aussi une bonne alternative au fait de chercher une aventure sexuelle au hasard des rayons de DVD." Résultat, note le journal, 22 des 38 sex shops de la rue Saint-Denis à Paris ont mis la clé sous la porte entre 2003 et 2018. Sur l'ensemble de la capitale, la moitié des commerces liés au sexe a disparu. Et même le groupe allemand Beate Uhse, qui a fondé le premier sex shop du monde et a longtemps été l'entreprise la plus prospère de l'industrie du sexe, a déposé le bilan début 2018.

Love shops et ventes en ligne

Pendant que les sex shops physiques ferment un à un, leurs équivalents en ligne se multiplient. Leur principal point fort ? Permettre aux clients de faire leurs achats en toute discrétion, sans se sentir jugé ni observé. Ils proposent également un large choix de gadgets, tenues et autres accessoires, mais aussi des produits plus originaux venus notamment du Japon, pour se démarquer de la concurrence. Du côté des commerces physiques, on assiste aussi au boom des love shops. Avec leurs vitrines transparentes mettant en valeur leurs produits, qui s'opposent aux rideaux couvrant les façades des sex shops, ils font tout pour attirer les couples, en particulier les femmes. L'accent est mis sur le désir, le plaisir, le jeu et non sur le sexe "pur". Même les couleurs traditionnelles des sex shops que sont le noir et le rouge laissent ici la place à des nuances plus romantiques : le violet et le rose.

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