Les gels hydro-alcooliques sont-ils sans risque ?

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Selon l'utilisation ou le type de peau, les gels hydro-alcooliques peuvent être source d'irritations.
Selon l'utilisation ou le type de peau, les gels hydro-alcooliques peuvent être source d'irritations.
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© iStock, galitskaya

Fabien Gallet

Été comme hiver, ces produits désinfectants sont dans tous les sacs, rassurant celles et ceux qui craignent de contracter des maladies. Sont-ils pour autant sans menace pour la peau ou l'organisme ? Voici quelques éléments de réponse.

Les solutions hydro-alcooliques (SHA) se sont imposées des murs des chambres d'hôpitaux aux sacs du tout un chacun depuis la fin des années 2000. Leur objectif ? Assurer l'hygiène des mains par friction et réduire la transmission de bactéries, le tout grâce à des propriétés bactéricides, virucides et fongicides. Ces produits désinfectants cutanés sont-ils pour autant sans danger ?

Quid de leur efficacité ?

Voilà une question soulevée par bon nombre d'études et autant dire que les avis divergent. Interrogé par le Journal des Femmes, Gérard Corthier, ancien directeur de recherche à l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) confiait que les SHA n'étaient "pas utiles en terme de bactéries", voire même "à déconseiller". Pour le professionnel, c'est "l'hygiène générale qui est plus importante". Pourtant, depuis des années, le ministère de la Santé recommande l'usage des solutions hydro-alcooliques par exemple en cas d'épidémies de grippe. Même son de cloche du côté du Comité technique des infections nosocomiales.

Un risque toujours présent de contamination ?

Le fait est que ces gels hydro-alcooliques sont censés réduire la transmission des bactéries. Or, selon des chercheurs australiens de l'université de Melbourne, certaines bactéries à l'image de l'enterococcus faecium (responsable d'infections nosocomiales) ont muté au fil des années et sont devenues de plus en plus résistantes, notamment à l'alcool contenu dans les gels hydro-alcooliques. Le risque d'infection serait alors toujours présent.

Des composants nocifs pour la santé ?

Depuis quelques années les SHA sont dans le viseur des scientifiques. En ligne de mire : certains agents contenus dans ces solutions à l'image du triclosan et du triclocarban, deux composants aux propriétés bactéricides très répandus dans les produits hygiéniques mais suspectés d'être des perturbateurs endocriniens pouvant jouer sur le microbiome. Ainsi, en juin 2017, 200 chercheurs de 29 pays ont signé une tribune dans la revue Environmental Health Perpectives, visant à alerter l'opinion publique sur ces agents qui, utilisés trop souvent, seraient susceptibles de favoriser le développement du cancer du sein ou d'altérer la qualité des spermatozoïdes.

Les peaux fragiles et les enfants plus exposés aux risques

Si l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) assurait en 2011 que les risques reprotoxiques ou neurotoxiques étaient absents dans des conditions normales d'utilisation, certains professionnels de la santé ont observé des réaction cutanées en cas d'abus. "Depuis le lancement de la campagne de prévention contre le virus H1N1, je constate une multiplication par deux des cas d'eczéma liés à l'utilisation des solutions hydro-alcooliques", révélait ainsi un dermatologue à Libération en 2009. L'ANSM reconnait en outre que le risque d'allergie à l'éthanol ou à l'alcool isopropylique existe même s'il reste rare : les peaux les plus sensibles sont les plus concernées.

En 2015 une étude menée par une université du Missouri aux États-Unis, estimait que les SHA pouvaient être sources d'allergies, de maux de tête, de nausées, de vertiges voire même d'un état d'ébriété chez les enfants (notamment en cas d'ingestion). Les gels comportent en effet un degré d'alcool souvent supérieur à 85%. Un dernier risque à lier à celui... de l'inflammabilité.

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