Les téléconsultations sont-elles l'avenir de la médecine ?

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Les téléconsultations se font soit par téléphone, soit par webcam.
Les téléconsultations se font soit par téléphone, soit par webcam.
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© iStock, KatarzynaBialasiewicz

Laetitia Reboulleau

Un problème de santé ? Aller chez le médecin n'est plus obligatoirement une nécessité. De plus en plus de praticiens proposent des téléconsultations médicales par téléphone. Un bon moyen de simplifier la vie des patients, qui gagne en popularité.

La téléconsultation médicale, c'est quoi ?

Le principe est simple : il s'agit de discuter avec un médecin par téléphone ou via Skype, afin d'obtenir un diagnostic à distance, voire même une ordonnance. Il s'agit en effet d'un acte médical : si le praticien estime disposer de suffisamment d'informations, il est tout à fait en droit de délivrer une ordonnance pour des médicaments. Mais attention, ce n'est pas un système qui se substitue totalement à un rendez-vous chez le médecin classique ou aux urgences. C'est en revanche bien pratique pour les personnes qui vivent dans des zones isolées et les déserts médicaux, ou pour avoir un premier avis.

La France à la traîne

En France, la téléconsultation a du retard. Le système se développe depuis quelques années, notamment grâce à certaines assurances ou des services comme Médecin Direct. Mais aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne ou même en Suisse, la télémédecine est très populaire depuis de nombreuses années. Certaines plateformes ont même été introduites en bourse et bénéficient de larges subventions de la part d'investisseurs renommés.

Mais pourquoi la France est-elle à la traîne ? Si les téléconsultations sont autorisées dans l'Hexagone, elles sont cependant régulées par un décret. Pour pouvoir les proposer, les médecins doivent donc obtenir un agrément auprès d'une agence régionale de santé. Autre problème qui n'a pas aidé leur popularisation : elles ne sont pas remboursées par la sécurité sociale. Du moins, pas encore, puisque les choses devraient changer sous peu.

Des avancées en faveur des téléconsultations

En 2016, une étude du Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques (Pipame) affirmait que seuls 2% des Français avaient déjà procédé à une téléconsultation, mais que 32% d'entre eux étaient prêts à sauter le pas. Deux ans plus tard, début 2018, une série de mesures a été prise pour faciliter cette nouvelle méthode. L'Assurance Maladie et les syndicats de médecins ont entamé des négociations pour permettre un remboursement de la télémédecine par la Sécurité sociale, la rendant donc nettement plus accessible.

Derrière ces négociations, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui avait demandé en novembre dernier à Nicolas Revel, directeur de la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), "d'inscrire la télémédecine dans le droit commun". L'objectif ? Permettre aux personnes qui vivent dans des déserts médicaux d'avoir enfin accès à des avis de professionnels sans avoir à faire des dizaines de kilomètres. Et selon les prédictions budgétaires, ce système pourrait très vite se démocratiser. Le gouvernement mise sur un développement rapide, avec 500 000 téléconsultations en 2019, et 1,3 million en 2021. Reste à savoir combien coûterait au patient ce type de prestation, qui devrait être mis en place d'ici la fin de l'année.

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