Maladie du soda : le nouveau fléau ?

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De plus en plus répandue dans le monde, la maladie du soda inquiète les spécialistes.
De plus en plus répandue dans le monde, la maladie du soda inquiète les spécialistes.
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© iStock, pjohnson1

Marine de Guilhermier

Vous n'en avez peut-être jamais entendu parler et pourtant la maladie du soda est de plus en plus répandue en France et dans le monde. De quoi inquiéter de nombreux médecins qui tentent d'alerter le grand public quant à ses dangers.

La maladie du soda, qu'est-ce que c'est ?

Également appelée par son acronyme anglais NASH (Non Alcoolic Steato Hepatitis, soit en français stéatose hépatique non alcoolique), cette maladie est provoquée, non pas par une surconsommation d'alcool donc, mais par une surconsommation de boissons sucrées (d'où son surnom de maladie du soda) mais aussi de graisses et de sucres en général. Au bout d'un moment, le foie ne parvient plus à éliminer cette surcharge de graisse qu'il stocke jusqu'à ce que des inflammations et nécroses apparaissent pour finalement se transformer en cirrhose. Cette pathologie, qui se développe lentement et généralement chez les personnes diabétiques et en surpoids, est difficilement détectable, car sans douleur dans les premiers temps. Ce n'est qu'une fois que la cirrhose est installée que les symptômes tels que la fatigue, la perte d'appétit ou encore des troubles et saignements digestifs apparaissent.

Pourquoi affole-t-elle les spécialistes ?

Passée pendant longtemps inaperçue car les docteurs associaient la cirrhose à l'alcool, la maladie du soda a désormais toute l'attention du monde médical. Il faut dire que de plus en plus de gens en souffrent. Selon Le Parisien, 30% de Français ont un foie trop gras et 10% d'entre eux - ce qui équivaut à 1 à 2 millions de la population - en sont au stade de la NASH. C'est pourquoi, en avril 2018, elle était sur toutes les lèvres des invités du congrès européen d'hépatologie qui s'est tenu à Paris, et où on la qualifiait de "fléau du siècle". Car les gens atteints de cirrhose NASH ont pour seul chance de survie la transplantation. C'est par exemple ce qui a sauvé Pierre Ménès, qui en souffrait, en décembre 2016. Or, "si on continue, la France n'aura jamais assez de greffons pour sauver tout le monde", explique l'hépato-gastro-entérologue Dominique Lannes - auteur de "Nash, la maladie de la malbouffe" (Flammarion) - au Parisien. Et d'ajouter : "Le terme NASH est appelé à devenir un nom commun comme l'acronyme SIDA." Dans ce futur bien sombre, la maladie du soda pourrait devenir la deuxième cause de transplantation en quelques années.

Comment la prévenir ?

S'il n'existe donc aujourd'hui aucun traitement et que la greffe est la seule issue à cette pathologie, des essais thérapeutiques sont actuellement réalisés. En attendant, une seule solution pour l'éviter : faire attention à ce qu'on mange et ce qu'on boit. Il faut donc limiter la consommation de sodas, mais aussi de pâtes à tartiner, de plats industriels et, bien sûr, les passages au fast-food du coin. La sédentarité favorise également la maladie, pratiquer une activité physique régulière - même si ce n'est que de la marche - est vivement conseillé. Le mieux étant de se dépenser au moins 30 minutes par jour. Enfin, "il ne faut pas rajouter de l'alcool à une alimentation peu saine", rappelle Dominique Lannes.

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