Médicaments sans ordonnance : faut-il s'en méfier ?

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Près de la moitié des médicaments d'automédication seraient inefficaces voire dangereux pour certains.
Près de la moitié des médicaments d'automédication seraient inefficaces voire dangereux pour certains.
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© Adobe Stock, Sbastien

Jessica Xavier

En novembre 2017, le magazine 60 millions de consommateurs tirait la sonnette d'alarme : les médicaments sans ordonnance ne seraient pas si bons que ça pour la santé. Que faut-il en penser ?

Un petit rhume, un mal de tête, une douleur dentaire et c'est direction la pharmacie pour se procurer un médicament sans ordonnance. Accessibles sans passer par un médecin, ils ne doivent pas être pris au-delà de quelques jours. Si les médicaments sans ordonnance soulagent la douleur, ils ne sont pas en mesure de soigner la cause de cette douleur. Ces médicaments d'automédication doivent être pris en respectant les contre-indications, en accord avec un éventuel traitement habituel et en demandant conseil à son pharmacien. Enfin, quand les symptômes persistent plusieurs jours, il convient de consulter.

Des risques réels ?

Dans son hors-série décembre/janvier, 60 millions de consommateurs passait en revue 62 médicaments sans ordonnance parmi les plus vendus et assurait que 28 seraient à proscrire. En cause ? Leurs effets secondaires et les contre-indications. Selon les spécialistes qui ont mené l'enquête (un pharmacologue clinicien et une pharmacienne) 45 % des médicaments seraient à éviter, leur rapport bénéfices/risques étant défavorable. Autrement dit, la prise de ces médicaments sans ordonnance présente potentiellement plus de risques et d'effets secondaires que de bénéfices. D'après l'enquête, sur la soixantaine de médicaments testés 1/3 aurait une efficacité pas ou peu prouvée, à la limite de l'effet placebo et seuls 21 % seraient intéressants et présenteraient une certaine efficacité avec un rapport bénéfices/risques favorable.

L'enquête pointe surtout du doigt les médicaments anti-rhume qui cumulent 2 à 3 composés actifs : un vasoconstricteur (nez bouché), un antihistaminique (nez qui coule) et du paracétamol ou de l'ibuprofène (mal de tête). Et c'est ce cocktail qui pose problème car il favoriserait les risques de surdosage avec la clé d'éventuels effets indésirables comme "des vertiges, des accidents cardiovasculaires ou neurologiques". Les sirops contre la toux en automédication sont également mis en cause. Ils pourraient altérer la conduite (d'où la présence d'un logo d'alerte sur les boites). Les pastilles pour la gorge pourraient quant à elles avoir des conséquences sur l'embryon chez la femme enceinte.

Faut-il pour autant jeter ces médicaments ? Certains médecins tempèrent les risques. Le professeur Philippe Even, médecin pneumologue, auteur du Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles et dangereux expliquait au micro d'Europe 1 que ces médicaments ne sont pas très dangereux. "Ils le sont pour les très jeunes et les plus de 75 ans, mais pour les autres, les dangers sont vraiment minimes", tempérait-il.

Les médicaments à éviter

Dans la "liste noire" figurent les stars de l'anti-rhume : Actifed rhume, Dolirhume, Nurofen rhume, Actifed Rhume Jour & Nuit, RhinAdvil Rhume, Humexlib Paracétamol Chlorphénamine. Si vous êtes adepte de l'automédication, prenez le temps de bien lire la notice. Cela peut paraître fastidieux mais c'est pourtant bien indispensable. Et contre le rhume, vous pouvez également opter pour des méthodes plus naturelles comme l'aromathérapie et la phytothérapie.

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