Pilule contraceptive pour homme : c'est pour quand ?

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Il existe d'autres moyens de contraception pour homme que le préservatif. La pilule pourrait bientôt les rejoindre !
Il existe d'autres moyens de contraception pour homme que le préservatif. La pilule pourrait bientôt les rejoindre !
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© iStock, g-stockstudio

Marine de Guilhermier

La contraception hormonale, une affaire de femme ? Eh bien, pas seulement ! Si cela est peu connu, elle existe aussi pour les hommes. Et des avancées sont régulièrement faites en ce qui concerne la pilule masculine.

Les méthodes existantes de contraception pour homme

Outre le préservatif et la vasectomie (méthode définitive), la contraception masculine n'est pas très utilisée dans notre société. Pourtant, elle existe depuis près de 40 ans. À la fin des années 1970, une méthode hormonale était inventée sous la forme d'une injection hebdomadaire de testostérone. Quelques années plus tard, c'était la contraception thermique qui était développée (un slip plaquant les testicules contre le corps afin qu'ils passent de 35 à 37 degrés - ce qui interrompt la production de spermatozoïdes - mais qui n'est ni très esthétique ni très pratique car il doit être porté 15 heures d'affilée pour fonctionner).

Ces deux techniques restent cependant très confidentielles. "Seulement deux médecins hospitaliers, prescrivent (la contraception hormonale) en France, malgré un protocole validé par l'OMS et expérimenté sur 1 500 hommes depuis presque 30 ans. La quasi-totalité des médecins pensent que cette contraception masculine est encore du domaine de l'expérimentation et qu'elle ne peut être diffusée ou prescrite", expliquait le Planning Familial dans un communiqué en 2013. Et cela n'a pas beaucoup changé depuis.

La pilule pour homme aurait bien des avantages

Concernant la pilule contraceptive masculine, les recherches ne semblent pas non plus prioritaires alors même qu'elle aurait plus d'avantages que son homologue féminin. Selon le docteur Jean-Claude Soufir, endocrinologue-diabétologue à l'hôpital Cochin, celle-ci entraînerait moins d'accidents de pilule : en l'oubliant quelques jours, un homme "pourrait continuer à avoir des rapports avec sa compagne sans utiliser de préservatif", comme il l'assurait au site de Marianne en décembre 2017. Les effets secondaires seraient de plus bien moins contraignants que pour les femmes et une hausse de la libido serait même à prévoir, tout comme une prise de muscles. En revanche, il pourrait exister d'éventuels effets sur l'acné et le cholestérol.

Il n'empêche, les médecins français ne défendent que très peu la pilule pour homme. Cécile Ventola, qui a écrit sa thèse sur la contraception masculine, affirme à Marianne que cette circonspection est d'ordre sociétal. "Ils m'ont dit que c'est un construit social, que les hommes n'avaient jamais été encouragés comme les femmes à se préoccuper de la contraception ; alors pourquoi le feraient-ils ?", révèle-t-elle.

Une avancée concrète dans la recherche

C'est d'ailleurs par hasard qu'une avancée considérable sur le sujet a été réalisée en septembre 2017 au Centre de recherche en cancérologie de Marseille. En travaillant sur le rôle des protéines dans le développement des cellules cancéreuses, des chercheurs se sont rendus compte que la protéine JAM-C avait un rôle dans la maturation des spermatozoïdes, et donc forcément dans la fertilité. Un constat qui va être suivi de recherches plus approfondies dans le but de créer enfin une pilule masculine.

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