Faut-il vraiment arrêter de manger de la viande et de la charcuterie ?

Faut-il vraiment arrêter de manger de la viande et de la charcuterie ?
Charcuterie
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Bérengère Bézier

Coup de tonnerre sur les antennes fin octobre, un communiqué du Centre International de Recherche sur le Cancer (CICR), agence de l'Organisation Mondiale de la Santé spécialisée dans le cancer fait état du classement de la viande rouge et des viandes transformées (essentiellement la charcuterie) comme probablement cancérogènes pour l'homme. Alors doit-on vraiment supprimer la viande et la charcuterie de notre alimentation ou éventuellement ne manger que du poulet ?

Que dit vraiment le communiqué ?

Les conclusions de cette annonce sont celles d'un groupe de travail de 22 experts de 10 pays différents qui a examiné dans le détail les nombreuses études scientifiques (plus de 800) réalisées sur le sujet ces dernières années. La viande rouge probablement cancérogène aurait des implications sur le cancer colorectal, voire ceux du pancréas et de la prostate. Les viandes transformées (charcuterie) elles, sont directement accusées de provoquer le cancer colorectal. Chaque portion de 50g consommée par jour accroîtrait de 18 % le risque de développer ce cancer. Constat final, si le risque est faible pour une consommation raisonnée, il augmente en cas de consommation excessive.

Quid de la consommation de viande en France ?

La consommation de produits carnés est en baisse régulière depuis 10 ans. Un adulte en consomme aujourd'hui 370g par semaine. Cette baisse s'inscrit dans la diminution des produits frais au profit des produits transformés (quiches, tartes salées, sandwichs, etc.). La défiance suite aux scandales et crises alimentaires, le développement de l'intérêt pour le véganisme et la défense de la vie animale ont amplifié cette baisse tendancielle.

Un bad buzz pour la filière viande/charcuterie

Si les professionnels ne remettent pas en cause certains critères, ils dénoncent surtout l'effet d'annonce qui a agité la sphère médiatique. Qui ne s'est pas fait interpeler au bureau ou en soirée sur le scoop de la semaine : "T'as vu, la viande faut plus en manger, c'est ultra mauvais pour la santé !". L'info s'est répandue comme une traînée de poudre. D'où le message de la filière viande de privilégier des viandes de qualité mais en moindre quantité tout en pointant du doigt les facteurs de risque avérés que sont le tabac, l'alcool et la sédentarité.

Viande, pas viande ?

En moyenne, la viande contribue au quotidien à 5% des apports énergétiques, 8% des apports lipidiques, 16% des apports en protéines et 11% de ceux en fer. Ce dernier pourcentage peut intéresser pas mal de femmes, qui à la différence des hommes sont 58% en âge de procréer à présenter des carences en fer. Côté protides, l'apport de la viande peut être une réponse aux plus de 60 ans dont 25% sont en dessous des apports nutritionnels conseillés. Une fois encore quand il s'agit d'alimentation, de forme, bien-être et santé, tout est dans la mesure.

Alors, soyez vigilant à ne pas dépasser 500g de viande par semaine (moins c'est encore mieux) et limitez la consommation de charcuterie. Il n'est pas utile d'en proposer à tous les repas, même si c'est pratique et plutôt bon. C'est pourquoi les chercheurs s'attachent aujourd'hui à nous inciter à adopter une alimentation véritablement équilibrée, alternant viandes, poissons, oeufs, protéines végétales et faisant surtout la part belle aux fruits et légumes qui jouent un véritable rôle dans le fonctionnement de notre organisme, tout en le maintenant en bonne santé avec un minimum de carences.

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