D'où vient le wax ?

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Une pile de Wax dans un magasin à Cotonou au Bénin.
Une pile de Wax dans un magasin à Cotonou au Bénin.
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© Getty Images, John Images

Azza Kamaria

Pour certains, le wax est un symbole de la culture africaine, pour d'autres, il est un souvenir de la colonisation. Explications sur un tissu aussi tendance que polémique.

Le wax, c'est quoi ?

Le wax est un textile en coton recouvert de cires colorées (d'où le nom wax : cire en anglais) qui créent un dessin. Des fleurs, des animaux, des imprimés psychédéliques, il se décline en différents motifs. Depuis quelques années, ce tissu inspire de nombreux créateurs essentiellement africains qui l'utilisent pour des créations de pièces de prêt-à-porter ou d'accessoires. Sur la scène internationale, la maison anglaise Burberry Prorsum mettait le wax à l'honneur lors de son défilé automne/hiver 2015-2016.

Son histoire

Souvent qualifié de "tissu africain", l'histoire explique que le wax est en réalité un tissu provenant des Pays-Bas, inspiré de la méthode de teinture indonésienne appelée "batik". À l'époque de la colonisation de l'Asie du Sud-Est par les Néerlandais et les Anglais, ces derniers créent le wax dans le but de concurrencer les petits producteurs de batik avec des prix moins élevés. Malgré tout, la population locale refuse de succomber à cette fabrication européenne. Les colons finissent ainsi par se tourner vers les pays d'Afrique et plus précisément le Ghana, pour commercialiser le wax. Très vite, ce tissu destiné à l'élite africaine conquiert le reste du continent. Le wax réellement fabriqué en Afrique ne se développe qu'en 1960 quand le président du Ghana, Kwame Nkrumah fait grimper les droits de douane et ouvre les premières usines locales.

La polémique

Dans une chronique publiée sur le site internet Le Monde, la journaliste Prisca Munkeni Monnier explique que "Vlisco, le véritable 'père du wax' produit ses 70 millions de yards de tissus (environ 64 millions de mètres) chaque année aux Pays-Bas, et les écoule à 90 % en Afrique, pour presque 300 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2014." Selon elle, cette situation met en danger et éclipse les producteurs d'autres tissus africains tels que le bongola malien, le kita de Côte d'Ivoire ou encore le ndop bamiléké du Cameroun.

Le succès

Les polémiques et son histoire lointaine n'enlèvent rien à ce qu'il représente aujourd'hui : une identité. Celle de millions d'Africains qui ont porté le wax pour partager leur culture. Ses dessins ne sont jamais anodins. Souvent, ils représentent les relations conjugales, la vie quotidienne, la culture populaire. Les imprimés possèdent, pour la plupart, des noms tels que : "Genito" qui représente les cougars, les "feuilles de gombo" associées aux femmes riches ou encore "Tu sors, je sors" qui désigne l'infidélité. Initialement conçu pour habiller les corps, désormais, on le retrouve également en petites touches comme sur des lacets de chaussure ou en patchwork sur des canapés ou des abats-jour. Le wax est définitivement un produit éternellement tendance.

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