Comment le tigre a-t-il envahi les garde-robes ?

Comment le tigre a-t-il envahi les garde-robes ?
Street style d'une invitée à un défilé lors de la Fashion Week de Milan, le 21 septembre 2016.
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Anthony Vincent

Partie intégrante de l'ADN de Kenzo, également plébiscité depuis peu par Gucci, le tigre fait rugir de plaisir les modeuses qui peuvent désormais en trouver à petits prix.

Historiquement, les motifs animaliers tels que le léopard, en tête, mais aussi le tigre, venaient de peaux véritables portées par superstition pour acquérir les caractéristiques de l'animal en question. D'où cette prédilection pour ces félins prédateurs, aussi féroces que gracieux. Exotiques et rares, ces peaux deviennent des symboles de richesse dès les années 1920, avant d'être peu à peu contrefaites à moindre frais. Si plus personne ne porte de vrai léopard aujourd'hui, cet imprimé devenu un basique de la garde-robe des modeuses rappelle trop aux yeux de certaines personnes ses origines fourrées, connotées femmes libérées.

Reine de la jungle urbaine

De son côté, après une longue traversée du désert, le tigre revient en odeur de sainteté. Dès leur arrivée à la direction artistique de Kenzo en 2011, Humberto Leon et Carol Lim se sont empressés de remettre au goût du jour l'imprimé et la tête de tigre, inscrits dans l'ADN de la maison par son fondateur. Leur collaboration en automne 2016 avec H&M a popularisé d'autant plus cette esthétique rugissante.

La mode du sukajan, ce bomber brodé de motifs d'inspiration orientale tels que des fleurs et des tigres, rapporté par les soldats américains de retour du Japon après la Seconde Guerre mondiale, a fini d'installer les têtes de félins partout. Veste, tee-shirt et autres pulls deviennent alors des pièces d'empowerment, à adopter une à la fois, pour prouver qui est la reine de la jungle urbaine.

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