Karl Lagerfeld : "Porter une fourrure, ce n'est pas pire que vendre des armes"

Karl Lagerfeld : "Porter une fourrure, ce n'est pas pire que vendre des armes"
Karl Lagerfeld.

Roxane Centola

Superstar de la mode, Karl Lagerfeld est l'un des créateurs les plus demandés du moment, que ce soit dans le luxe, ou dans le prêt-à-porter plus grand public. Alors qu'il fête actuellement ses 50 ans de collaboration avec la maison de couture italienne Fendi, le Kaiser revient dans les pages du Figaro Madame sur l'une des plus grandes polémiques qui entoure le monde de la mode : l'utilisation de la fourrure. Il faut dire que Fendi est une référence en la matière, notamment grâce au créateur allemand qui en a révolutionné les codes.

Lors de la prochaine Fashion Week parisienne, Fendi présentera une toute nouvelle collection "haute fourrure", imaginée par Karl Lagerfeld. Une façon de célébrer comme il se doit un demi-siècle de mode : "Je déteste les célébrations et les anniversaires, mais Fendi y tenait. (...) Il s'agit de la plus longue collaboration entre un couturier et une maison" explique-t-il.

Le designer en profite d'ailleurs pour revenir sur les prémices de cette rencontre et le challenge que cela représentait pour lui à l'époque : "C'est Franco Savorelli, un 'public relation', qui m'a demandé si j'étais intéressé par l'idée de faire de la fourrure. J'ai considéré qu'il y avait un défi à relever. À ce moment-là, la fourrure était une pièce super bourgeoise, un attribut social, la première chose qu'achetait un Italien à son épouse quand il avait réussi".

Si la fourrure semble indissociable du monde de la mode, ce n'est pas sans attirer les foudres des associations de protection des animaux. Un activisme et une cause qui ne semblent pas toucher Karl Lagerfeld plus que ça : "Qu'ils restent à l'écart de mon défilé ! Vous savez, l'industrie de la fourrure fait vivre beaucoup de gens. L'époque a changé, on ne tue plus certaines espèces - ainsi, on ne trouve plus de manteaux de taupe, de panthère ou de zibeline. Pourquoi ne s'attaque-t-on pas aussi au marché du cuir ? Ou aux gens qui mangent de la viande ? Bien sûr que je suis contre la cruauté, mais porter une fourrure, ce n'est quand même pas pire que vendre des armes, non ? Ce n'est pas moral non plus de fermer les yeux... Aujourd'hui, de toute façon, tout est interdit parce que le sens civique a disparu".

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