Vivre sans soutien-gorge pour vivre heureuse ?

Vivre sans soutien-gorge pour vivre heureuse ?
Nombreuses sont les femmes à adopter la tendance du "No Bra". Pourquoi pas vous ?

Hélène Garçon

Tandis que le budget lingerie des Françaises est en hausse, atteignant une moyenne de 100 euros par an, il semblerait que ces dernières soient de plus en plus nombreuses à faire des économies en faisant tomber le haut... de leurs sous-vêtements ! La tendance du "No Bra", à comprendre "pas de soutien-gorge" a déjà conquis bon nombre de femmes, séduites par les arguments de ce nouveau mouvement libérateur, à savoir le confort, et des seins rehaussés ! La recette du bonheur ?

"Liberté, j'écris ton nom sur les chairs délivrées des corsets", aurait pu déclarer dans ses poèmes Paul Éluard, qui, a priori, n'a jamais eu besoin de porter de soutien-gorge. Pourtant, à en croire les femmes déjà adeptes du "No Bra", le mot "liberté" prendrait tout son sens dans l'abandon de cet accessoire entravant le corps. Successeur direct du corset, le soutien-gorge a pour but de maintenir la poitrine et de la mouler à grand renfort de baleines, de crochets et de bretelles, lesquelles, une fois détachées, laissent des marques disgracieuses sur la peau, comprimée toute la journée.

No Bra, no Problem !

De tels inconvénients pourraient être parfaitement tolérés si l'efficacité du soutien-gorge, dont le principal argument est d'empêcher les seins de s'affaisser, était prouvée. Or, de récentes études tendent à montrer que cette pièce de lingerie n'empêcherait en aucun cas la poitrine de tomber. Au contraire, elle aurait même l'effet inverse puisque les tissus, beaucoup moins sollicités avec le port du soutien-gorge, se détendraient et entraîneraient ainsi des douleurs musculaires et des vergetures, entre autres. Contrairement aux idées reçues, ne pas porter de soutien-gorge empêcherait également l'effet "gant de toilette" puisque la poitrine, bénéficiant d'une meilleure circulation sanguine, remonterait naturellement et afficherait un plus joli galbe. Quant à l'idée selon laquelle ce sous-vêtement limiterait les risques du cancer du sein, une étude menée par l'équipe de recherche du Cancer Research Center de Seattle aux Etats-Unis, n'aurait relevé aucune corrélation entre le cancer et le port du soutien-gorge.

Être une femme libérée, c'est pas si facile !

Au vu de ces études, cette culture du soutien-gorge, transmise par nos mères, qui l'ont elles-mêmes héritée des leurs, est aujourd'hui remise en question par de plus en plus de femmes qui lui reprochent son côté purement esthétique, destiné à formater le corps plutôt qu'à le servir. Même si les célébrités sont de plus en plus nombreuses à avoir laissé tomber le soutien-gorge, à l'instar d'une Kendall Jenner ou d'une Rihanna, sortir dans la rue la poitrine à l'air reste encore un acte exceptionnel pour la gent féminine, qui craint encore le jugement d'autrui. Longtemps cachée par le soutien-gorge, la poitrine libérée est interprétée comme une attitude sexy, voire provocatrice par la société, qui a encore du mal à accepter la sensualité d'un téton qui pointe à travers un tee-shirt.

Comme la jupe qui s'est raccourcie pour libérer les jambes, le débat concernant le port du soutien-gorge risque encore de durer un petit moment... À moins que toutes les femmes ne décident de s'affranchir du regard des autres en lâchant leur soutien-gorge pour de bon !

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