Eglantine Eméyé, "extrêmement seule" face à son enfant polyhandicapé

Eglantine Eméyé, "extrêmement seule" face à son enfant polyhandicapé
Eglantine Eméyé
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Fabien Gallet

Mère d'un petit garçon aujourd'hui âgé de dix ans, diagnostiqué hémiplégique et autiste, Eglantine Eméyé était invitée samedi 17 octobre sur le plateau de l'émission On n'est pas couché sur France 2, afin de présenter son livre autobiographique, Le Voleur de brosses à dents. La journaliste a livré un témoignage poignant sur son quotidien devenu un combat.

Victime, bébé, d'un AVC qui le paralyse du côté gauche, Samy est déclaré autiste à un an. Face à ce polyhandicap, Eglantine Eméyé avoue s'être "sentie extrêmement seule". "Les médecins ne nous tendent pas assez la main, regrette-t-elle. Personne ne nous dit jamais franchement les choses. C'est paradoxal : jamais aucun médecin ne viendra vous dire que votre enfant est condamné, qu'il ne parlera jamais, qu'il sera lourdement handicapé". L'animatrice a donc gardé espoir : "Pendant longtemps, j'imaginais qu'il irait à l'école. Et puis après, j'imaginais qu'à défaut d'aller à l'école, il pourrait s'habiller, manger tout seul, parler...", confie-t-elle.

Pour limiter les souffrances de son garçon, elle a d'abord dû faire face sans aides. "Le problème aujourd'hui, c'est qu'on demande aux parents de devenir les thérapeutes de leurs enfants". Et pour cause, si son fils vit désormais dans un établissement spécialisé, Eglantine Eméyé a dû se heurter à une triste réalité : le "manque de structures". "Il y a 600 000 personnes autistes en France et seulement 75 000 sont pris en charge. Il n'y a pas d'établissements et quand il y en a, les listes d'attente sont phénoménales. J'ai demandé une place, on m'a répondu : 'On a une place peut-être pour dans 20 ans !'", précise l'animatrice.

Face à de telles situations, Eglantine Eméyé, qui réussit à conserver son humour malgré tout, s'est sentie terriblement dépourvue de solutions. "Dans mon cas, Samy ne dormait jamais plus de trois heures et les réveils étaient d'une violence insou­te­nable. Lutter physique­ment contre mon fils toutes les nuits, c'est quelque chose d'ini­ma­gi­nable.Comment voulez-vous humai­ne­ment, physique­ment, qu'on tienne ?", a-t-elle conclu.

Dans Le Voleur de brosses à dents, paru en septembre 2015, Eglantine Eméyé revient en détails sur son combat.

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