France Gall s'est sentie "humiliée" par la chanson "Les Sucettes"

France Gall s'est sentie "humiliée" par la chanson "Les Sucettes"
France Gall

Fabien Gallet

Il y a presque cinquante ans, France Gall interprétait Les Sucettes, un titre écrit par Serge Gainsbourg. Alors âgée de 18 ans, la jeune chanteuse de l'époque n'avait pas saisi le sens ambigu des paroles : "Annie aime les sucettes, les sucettes à l'anis. Les sucettes à l'anis d'Annie donnent à ses baisers un goût anisé. Lorsque le sucre d'orge, parfumé à l'anis, coule dans la gorge d'Annie, elle est au Paradis". À l'occasion d'une interview accordée aux lecteurs du journal Le Parisien, dans le cadre du lancement de la comédie musicale Résiste, la chanteuse est revenue sur cette chanson qui, malgré son succès, lui a laissé un goût amer...

Une "humiliation" à retardement, c'est un peu ce qu'a vécu France Gall après avoir accepté de chanter Les Sucettes de Serge Gainsbourg, en 1966. Et pour cause, cette dernière n'avait pas compris l'image qui se cachait derrière les paroles. "Je n'en compre­nais pas le sens et je peux vous certi­fier qu'à l'époque personne n'en compre­nait le double sens" a-t-elle confié.

Une chanson qui au départ, s'inspirait de sa propre expérience. "Avant chaque disque, Serge me deman­dait de lui racon­ter ma vie, ce que j'avais fait pendant les vacances", explique la chanteuse de 68 ans. "Alors je lui ai dit que j'avais été à Noir­mou­tier chez mes parents. Là-bas il n'y a pas grand-chose à faire, alors j'al­lais m'ache­ter une sucette à l'anis tous les jours" raconte-t-elle. Ce dernier, visiblement très inspiré par le sujet, proposait alors son texte et sa mélodie entêtante à la jeune femme. "Quand il a écrit la chan­son, je me voyais aller ache­ter ma sucette", se souvient-elle. Toutefois, cette dernière avoue avoir eu quelques doutes sur sa vraie signification : "Je sentais que c'était pas clair, c'était Gains­bourg quand même ! Mais il me l'a jouée et je l'ai tout de suite trou­vée très très jolie, j'ai adoré la chanson".

Jusqu'au jour où elle comprend que le poète, qu'elle qualifie aujourd'hui de "gros cochon", s'est bien moqué d'elle : "C'était horrible (...). Ça a changé mon rapport aux garçons. Ça m'a humi­liée", conclut-elle.

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