Isabelle Adjani donne son avis sur le port du voile

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Isabelle Adjani participe à la soirée Grisogono, près de Cannes, en mai 2010.
Isabelle Adjani participe à la soirée Grisogono, près de Cannes, en mai 2010.
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© Abaca, Ammar Abd Rabbo
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Fabien Gallet

Le débat sur la mode islamique a largement fait les gros titres en avril dernier lorsque Laurence Rossignol, ministre chargée des Droits des femmes, appelait au boycott de certaines marques. Après Geneviève de Fontenay, c'est au tour d'Isabelle Adjani de réagir sur le sujet et de faire part de son avis sur le port du voile.

Interrogée par le magazine Elle, en kiosque vendredi 13 mai, 2016, sur la question du voile et sur le débat autour de la mode islamique, la comédienne qui fêtera ses 61 ans en juin prochain n'a pas hésité à donner son point de vue. "Le débat est faussé dès le départ parce qu'on confond volontairement plusieurs situations pour radicaliser les positions de chacun", estime d'entrée de jeu Isabelle Adjani. Élevée dans une famille multiculturelle - son père était algérien ("musulman mais non pratiquant", rappelle le magazine féminin) et sa mère allemande - l'actrice semble savoir de quoi elle parle. "Il y a des femmes qui ne veulent plus porter le voile qu'on leur impose pour les soumettre, il y a des femmes qui portent librement le voile par tradition comme leur mère et leurs grands-mères, et puis celles qui le portent avec une ostentation presque agressive", précise-t-elle.

La star, césarisée à cinq reprises, semble avoir beaucoup réfléchi à la question et en a tiré quelques conclusions, notamment sur la radicalisation : "J'ai l'impression qu'en France les femmes les plus farouchement fidèles au voile sont celles qui se convertissent du jour au lendemain, ces jeunes femmes qui sacrifient leur liberté et parfois leur vie". Et d'ajouter : "Quant à ceux happés par la propagande djihadiste, ma vision de la situation, c'est qu'il y a un tel désespoir chez ces jeunes, à un âge où la mort représente quelque chose d'ultra-romantique - ne serait-ce que sur le plan hormonal...".

Elle-même mère de deux enfants, Isabelle Adjani porte un regard d'autant plus protecteur sur ces jeunes gens qui rejoignent un "islam extrémiste qui leur est pourtant étranger". "Les enfants qui font ce choix, conclut-elle, ne sont pas des rebelles et rarement des mal-aimés au sein de leur famille, ce sont des enfants perdus dans notre société".

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