Jacques Chirac, affaibli, a "juste la force d'écouter"

Jacques Chirac, affaibli, a "juste la force d'écouter"
Jacques Chirac à l'exposition Arts de Chine au Musée du Président Jacques Chirac à Sarran, le 11 juin 2011.

Jessica Rat

Dans son dernier numéro, en kiosque depuis jeudi 28 septembre 2017, Paris Match a publié quelques extraits du livre événement d'Arnaud Ardoin, "Président, la nuit vient de tomber", à paraître le 5 octobre prochain.

Si cet ouvrage biographique est très attendu, c'est qu'il a été écrit d'après le témoignage d'un des collaborateurs et amis les plus proches de Jacques Chirac, Daniel Le Conte, décédé le 18 juillet dernier à 65 ans. Après l'avoir suivi à la Mairie de Paris, puis à l'Élysée, ce dernier est devenu un véritable confident pour l'ancien Président, passant près de 40 ans de sa vie à ses côtés. Et particulièrement ses dernières années... À la demande de Claude Chirac, la cadette du couple, il passait en effet tous ses après-midis à veiller sur celui qu'il appelait "le grand". Dans son bureau, l'ancien chef d'État restait assis dans son fauteuil, "les yeux perdus dans des pensées indéchiffrables".

Un Président en fin de vie

De 15 heures jusqu'au soir, Daniel Le Conte parlait à Jacques Chirac, mais ce dernier ne lui répondait pas. "(Il) n'a plus envie de faire l'effort, juste la force d'écouter", a-t-il en effet confié à Arnaud Ardoin, dont le titre du livre, "Président, la nuit vient de tomber", n'est autre qu'un code établi entre les deux hommes. Chaque fin de journée, le premier disait cette phrase au second, qui lui répondait alors : "J'espère qu'elle ne s'est pas fait trop mal."

"Cette réplique, c'est son thermomètre. Tant qu'il peut répondre, quel que soit le délai entre la question et la réponse, cela veut dire qu'il garde des moments de conscience, que la vie ne l'a pas quitté", raconte Daniel Le Conte à travers le livre. Mais depuis qu'une crise cardiaque a emporté son confident cet été, Jacques Chirac n'entend plus la nuit tomber.

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