La Vie d'Adèle : la justice annule le visa d'exploitation du film

La Vie d'Adèle : la justice annule le visa d'exploitation du film
Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux
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Fabien Gallet

Le verdict est tombé. La Vie d'Adèle, le film d'Abdellatif Kechiche qui décrochait avant sa sortie en salles en octobre 2013, la Palme d'Or à Cannes, a vu son visa d'exploitation annulé. Raison : des "scènes de sexe réalistes de nature à heurter la sensibilité du jeune public". Une décision de justice qui, en d'autres termes, signifie que le film, alors interdit aux moins de douze ans, notamment à cause d'une scène de sexe torride de sept minutes entre les actrices Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux, ne peut plus être exploité au cinéma, ni en VOD, en vidéo ou à la télévision.

C'est suite à la demande portée par Promouvoir, une association proche des milieux catholiques traditionalistes, que la justice a donné son verdict. Il semblerait que l'interdiction aux moins de douze ans imposée au film adapté du roman graphique de Julie Maroh Le Bleu est une couleur chaude, ne soit donc pas suffisante aux yeux des membres de l'association.

Ainsi, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, sera chargée de "procéder au réexamen de la demande de visa" du long-métrage d'Abdellatif Kechiche, dans un "délai de deux mois", comme l'a fait savoir la Cour administrative d'appel de Paris dans sa décision rendue publique mercredi 9 décembre 2015. Et pour cause, Aurélie Filippetti, ministre de la Culture à l'époque, "ne pouvait, sans commettre d'erreur d'appréciation" au regard de la loi, "accorder un visa d'exploitation comportant une interdiction limitée aux mineurs de 12 ans", a fait savoir la Cour. Cela dit, le ministère de la Culture a annoncé son intention d'introduire un recours devant le Conseil d'Etat.

Une décision qui n'a pas manqué de surprendre la Société civile de perception et de répartition des auteurs, réalisateurs et producteurs indépendants (ARP), qui a fait part de sa "stupeur" dans un communiqué. La cour administrative aurait, selon elle, donné "raison aux arguments honteux d'une association résolument obscurantiste. A croire que l'atteinte aux bonnes moeurs a fait son retour dans notre société contemporaine".

Ce n'est pas la première fois que Promouvoir saisit la justice et obtient gain de cause. Ce fut notamment le cas fin juillet 2015 pour le film Love de Gaspar Noé mais aussi des films Baise-moi, Nymphomaniac et Saw 3D, qui ont connu le même sort.

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