"La France pour la vie" : le mea culpa de Nicolas Sarkozy

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Nicolas Sarkozy reçu par François Hollande à l'Elysée suite aux attentats terroristes à Paris, le 15 novembre 2015.
Nicolas Sarkozy reçu par François Hollande à l'Elysée suite aux attentats terroristes à Paris, le 15 novembre 2015.
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© BestImage, Stephane Lemouton

Fabien Gallet

"Ce livre n'est pas une déclaration de candidature à la prochaine élection présidentielle". Tels sont les mots de l'ancien président de la République, lequel s'apprête à sortir lundi 25 janvier 2016, aux éditions Plon, un ouvrage intitulé La France pour la vie, dans lequel il s'attache à revenir sur ses cinq années passées à l'Elysée et ses grandes erreurs.

Plus de trois ans après avoir quitté le pouvoir, Nicolas Sarkozy se livre, se confesse et fait part de ses principaux regrets à travers quelques 260 pages. Un moyen pour lui de tirer les leçons des années passées aux commandes du pays et de faire son mea culpa auprès des citoyens français. "Si ce livre a un sens, peut-être une utilité, c'est que le moment était venu de la clarté. J'ai voulu faire cet effort d'aller chercher, au fond de moi, ma vérité sur mes erreurs comme sur mes réussites", écrivait-il sur son compte Facebook il y a quelques jours.

Un livre que se sont procurés de nombreux médias, notamment Le Figaro et Paris Match, qui ont dévoilé quelques extraits de ce septième livre du président du parti Les Républicains. Ce dernier y aborde de nombreux sujets parmi lesquels sa défaite en 2012, sa relation avec Carla Bruni, les questions touchant à l'identité et à la nationalité, son opinion sur François Hollande, le "président normal", mais aussi et surtout ses écarts qui lui ont valu le titre de "président bling-bling", notamment de la part du journaliste Nicolas Domenach.

Nicolas Sarkozy revient ainsi sur la polémique concernant son séjour à bord du yacht de Vincent Bolloré. "J'ai pensé, à tort, que cinq jours sur le bateau d'un vieil et fidèle ami seraient utiles au sauvetage de ma famille, écrit-il. Bien mal m'en a pris puisque ce fut un cauchemar personnel autant que médiatique. Vincent Bolloré n'avait aucun contrat avec l'État. Nous nous connaissons depuis trente ans, j'ai beaucoup d'affection pour lui, et il ne me doit en rien sa très brillante réussite industrielle. Mais le symbole se révéla caricatural. (...). Pour une première expérience personnelle de croisière, on ne pouvait imaginer pire. J'aurais dû anticiper, me méfier, faire passer mon nouveau statut présidentiel avant toutes choses. Encore aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu commettre un tel impair". L'ancien président de la République reconnaît donc ses torts sans complexe.

Autre exemple pertinent, sa fameuse phrase "Casse toi pauv' c**" lancée au cours d'une sortie publique. "J'ai moi-même eu grand tort, lors d'une visite au Salon de l'Agriculture, de céder à la provocation en répondant à l'individu qui m'avait insulté : 'Casse toi pauvre c... '. Ce fut une erreur, car il avait le droit de penser ce qu'il disait, même s'il n'avait pas à me le dire ainsi. Mais en lui répondant, je me suis mis à son niveau. Ce fut une bêtise que je regrette encore aujourd'hui", peut-on lire dans La France pour la vie. "En agissant ainsi, j'ai abaissé la fonction présidentielle, estime Nicolas Sarkozy. J'ai appris à mes dépens qu'avoir du caractère n'autorise pas tout".

L'ancien président n'hésite pas à aborder des sujets bien plus sensibles tels que ses propos sur le mariage pour tous. "Je suis allé à la réunion de l'association 'Sens commun' en novembre 2014, au moment où les débats étaient encore vifs. La dureté des échanges m'a stupéfié. J'ai mesuré à ce moment là combien François Hollande avait divisé les Français. Je suis conscient que mon propos n'a pas été compris, sans doute parce qu'il était ambigu", écrit Nicolas Sarkozy avant d'ajouter, quelques lignes plus loin : "Je ne souhaite donc pas qu'on légifère à nouveau, parce que la priorité doit être de rassembler les Français. C'est un point sur lequel, je l'assume, j'ai évolué."

Quant à son omniprésence, il reconnaît qu'elle a pu jouer en sa défaveur. "Je confesse une difficulté à déléguer. Mon idée du leadership me conduisait à prendre tous les jours la tête du combat (la campagne de 2012) et à multiplier les initiatives. J'aurais sans doute mieux fait de réserver une plus grande place à certains leaders de la droite et du centre. Essayer de mieux les associer. Je ne l'ai pas fait. Ce fut une erreur". Le message est passé.

Nicolas Sarkozy brise la glace, se confie et admet ses fautes et imperfections. De quoi redorer sa nouvelle image avant 2017 ?

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