Violences conjugales : elles osent témoigner

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Amber Heard assiste à la remise de prix des "Glamour Women Of The Year" à Los Angeles, le 14 novembre 2016.
Amber Heard assiste à la remise de prix des "Glamour Women Of The Year" à Los Angeles, le 14 novembre 2016.
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© Abaca, Hahn Lionel

Hélène Garçon

Chaque année, 216 000 femmes françaises sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur conjoint, d'après un rapport publié par l'Observatoire national des violences faites aux femmes. Une estimation certainement en deçà de la réalité, puisque de nombreuses femmes refusent encore de témoigner. Elles sont pourtant encouragées par quelques stars, elles-mêmes victimes de violences conjugales, qui sont de plus en plus nombreuses à prendre la parole pour dénoncer ce fléau.

Amber Heard dénonce les violences qu'elle a subies dans une vidéo

En mai 2016, Amber Heard alors mariée à Johnny Depp demandait le divorce. L'actrice déposait dans la foulée une demande d'injonction et une plainte pour violences conjugales. C'est le visage tuméfié qu'elle apparaissait au tribunal, avant qu'elle ne retire sa plainte sur la demande de Johnny Depp, qui s'engageait à lui verser près de 7 millions de dollars en guise de dédommagement. Une somme que la jeune femme a reversée intégralement à des associations caritatives. Dans une vidéo réalisée dans le cadre du projet féministe #girlgaze, Amber Heard est revenue sur son passé de femme battue, afin d'encourager celles dans la même situation à prendre la parole.

"Comment cela a-t-il pu arriver ?", commence la jeune femme. "Je suis forte. Je suis intelligente. Je ne suis pas une victime", continue-t-elle sans jamais citer Johnny Depp. "Je suppose qu'il existe une forme de honte attachée à ce statut de victime. Cela arrive à tellement de femmes. Quand cela se produit dans l'intimité de votre maison, à huis clos, avec quelqu'un que vous aimez, ce n'est pas simple", explique l'actrice, avant de mettre en cause la société : "Nous devons prendre la responsabilité de la façon dont nous parlons de ce sujet. La seule façon pour que les victimes se sentent à l'aise pour sortir du bois, pour en parler, pour se défendre, c'est que nous changions le système en place qui les rend muettes."

Une Miss brésilienne porte plainte en direct contre son agresseur

Sacrée Miss Brésil en 2011, Renata Lustosa est comme toutes les femmes de sa génération : accro aux réseaux sociaux. Pourtant, son fil Instagram ne ressemble à aucun autre. Pas de photos de vacances ou de hamburgers pour la jeune femme, mais des vidéos d'elle-même où elle apparaît le visage en sang, après que son compagnon l'ait battue. "Une fois de plus, il m'a agressée physiquement. Rien ne justifie qu'un homme frappe une femme, rien. Mon fils était là, tout s'est passé devant ses yeux", raconte l'ancienne reine de beauté dans une vidéo postée le 24 novembre 2016 sur Youtube. Le coup de trop pour la jeune femme, qui décide alors de se rendre au poste de police pour porter plainte. À la sortie du commissariat, Renata Lustosa s'est de nouveau filmée pour remercier les nombreuses personnes qui l'ont soutenue dans ce douloureux combat. "J'ai porté plainte. Je vous remercie de tout le soutien, les messages, les coups de fil, je me sens beaucoup mieux. J'ai fait ce qu'il fallait", déclarait-elle dans une vidéo postée sur son compte Instagram, avant de s'adresser aux femmes battues : "Je vous encourage à dénoncer les violences que vous subissez, dénoncez votre agresseur."

Evan Rachel Wood a été victime de viol à deux reprises

Afin de dénoncer un sexisme "de plus en plus flagrant" aux États-Unis, l'actrice de la série "Westworld", Evan Rachel Wood, a pris la plume pour écrire une lettre ouverte envoyée au magazine Rolling Stones, lettre qu'elle a partagée le 28 novembre 2016 sur son compte Twitter. Elle y explique avoir été violée deux fois, il y a quelques années de cela. "Oui, j'ai été violée", annonce-t-elle. "D'abord par un proche lorsque nous étions ensemble. Et à une autre occasion par le patron d'un bar. La première fois, je n'étais pas sûre que ce soit un viol parce que cela avait été commis par un partenaire, jusqu'à ce qu'il soit trop tard. Et qui allait me croire ? La deuxième fois, j'ai pensé que c'était de ma faute et que j'aurais dû plus me défendre, mais j'avais peur. C'était il y a des années et maintenant je sais que cela n'était pas ma faute et que ce n'était pas bien. C'était avant que j'essaie de me suicider."

Un témoignage bouleversant qui devrait sans doute décider les femmes dans sa situation à rassembler le courage nécessaire pour dénoncer leur bourreau.

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