Excision : un fléau qui ne concerne pas que l'Afrique

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Dans le monde, six filles sont excisées chaque minute, selon les chiffres de l'association Excision, parlons-en !.
Dans le monde, six filles sont excisées chaque minute, selon les chiffres de l'association Excision, parlons-en !.
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© Adobe Stock, svetabezu

Hélène Demarly

Alors que se tient le 25 novembre 2017 la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, il faut rappeler que l'excision touche toujours 200 millions de femmes dans le monde (chiffres Unicef). En France, cette barbarie a beau être considérée comme un crime, 60 000 jeunes femmes en sont pourtant victimes.

L'excision, c'est quoi ?

C'est l'ablation totale ou partielle des organes sexuels externes de la femme : clitoris, petites lèvres, grandes lèvres, rétrécissement de l'orifice vaginal. Une mutilation sexuelle terrible pour les filles - dans la plupart des cas, excisées de force avant leurs 15 ans -, pratiquée surtout en Afrique subsaharienne (Mali, Soudan, Egypte notamment) mais aussi dans de nombreuses régions du monde. Et sur le territoire français également, où vivent pas moins de 60 000 femmes excisées, selon les chiffres de l'association Excision, parlons-en !. Le département le plus touché est la Seine-Saint-Denis, en raison "de la précarité extrême" qui y règne, comme l'explique l'association.

Quels sont les risques après une excision ?

Premièrement, une douleur aiguë au moment de l'acte - aucune anesthésie n'est pratiquée -, avec saignement voire hémorragie pouvant entraîner la mort. Ensuite, cela peut créer de nombreux problèmes de santé comme des infections urinaires, des complications obstétricales ou la stérilité. Enfin, le traumatisme psychologique est profond pour les victimes, avec des conséquences importantes sur la vie sexuelle.

Interdite en France mais pratiquée à l'étranger

Si cette violation des droits humains est considérée comme un crime dans l'Hexagone - passible de 20 ans de prison et 150 000 euros d'amende -, elle est pourtant loin d'être éradiquée. Les excisions n'ont pas lieu sur le territoire français, mais la plupart du temps lors des vacances dans le pays d'où est originaire la famille. Excision, parlons-en ! a notamment recueilli le témoignage de F. , partie à 12 ans se faire exciser en Guinée-Conakry : "Les vacances (...) se sont transformées en cauchemar. Nous avons été excisées avec nos cousines chez notre grand-mère. Une femme nous a tenu les jambes, une seconde nous écrasait la poitrine pour nous empêcher de crier et une troisième tranchait à vif dans les chairs. Je n'oublierai jamais les cris, en particulier de ma soeur, qui depuis est handicapée mentale". Les traditions perdurent et l'obligation sociale demeure, malgré les interdictions. Selon les chiffres des organisations, trois filles sur dix dont les parents sont issus de pays pratiquant des mutilations sexuelles sont menacées par l'excision en France.

Les pouvoirs publics se mobilisent

En mars dernier, une campagne de prévention et d'information lancée par l'association s'adressait directement aux préadolescentes et adolescentes avec ce slogan : "Tu pensais partir en vacances ?". En 2016 était également fondée par la gynécologue Ghada Hatem-Gantzer la Maison des Femmes à Saint-Denis en région parisienne. Il s'agit de la première structure qui permet aux femmes victimes de bénéficier d'une prise en charge globale et de chirurgie réparatrice. La chanteuse malienne Inna Modja, elle-même victime d'excision à 5 ans, est la marraine du projet, pour, dit-elle, "rendre de la dignité à des femmes qui en ont besoin".

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