Héritage : comment bien procéder pour éviter les conflits ?

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Préoccupez-vous de votre succession avant qu'il ne soit trop tard.
Préoccupez-vous de votre succession avant qu'il ne soit trop tard.
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© iStock, KatarzynaBialasiewicz

Marine de Guilhermier

Le cas Johnny Hallyday l'a bien montré, les questions d'héritages peuvent diviser une famille. Pour que la vôtre ne se déchire pas le moment voulu, voici quelques conseils.

Bien connaître les règles

Toutes les successions sont régies par des règles strictes. Mais celles-ci varient selon votre pays de résidence. En France, il n'est ainsi pas possible de déshériter sa progéniture. Il est en effet inscrit dans la loi que tout enfant a droit à une partie de l'héritage de ses parents. Seulement, cette part (dite de réserve) dépend du nombre de frères et soeurs. Pour un enfant unique, elle correspond à la moitié du patrimoine successoral et pour deux enfants, à un tiers. Quand il y a trois enfants ou plus, ceux-ci se partagent de façon égale les trois-quarts du patrimoine. En ce qui concerne ce qui n'entre pas dans cette réserve destinée aux enfants, chacun en dispose comme il le veut.

Dans d'autres pays, comme les États-Unis, les parents ont le droit de ne rien léguer à leurs enfants. Il est donc important de déterminer pour une personne avec plusieurs résidences dans le monde, laquelle est sa principale, cela impactera la succession. Et si des héritiers s'estiment lésés, comme c'est actuellement le cas avec les aînés de Johnny Hallyday, ils n'ont d'autres choix que d'intenter un recours en justice.

Faciliter la succession

Pour que, le jour venu, votre succession se passe dans les meilleures conditions, il est possible de réaliser quelques actions en amont. Par exemple, si vous possédez une maison de vacances ou une résidence à l'étranger, soit des actifs peu liquides, vendez-les avant que cela ne soit à vos enfants de s'en charger. De même, si vous avez des biens loués, faites donation de la nue-propriété à votre progéniture avant qu'il ne soit trop tard. Pour éviter des contestations, vous pouvez également attribuer dans un testament des biens à chacun de vos héritiers et désigner une personne de confiance qui, en cas de décès, sera chargée d'arbitrer les éventuels différends entre vos héritiers.

Attention aux donations

Il est facile d'oublier que ce que vous donnez à vos enfants de votre vivant peut être compté dans la succession, ce qui entraîne parfois des conflits au moment de l'héritage. Car si vous donnez à l'un de vos enfants une grosse somme d'argent, disons 60 000 euros, pour qu'il achète un logement dont la valeur double entre la donation et la succession, ce sera la nouvelle valeur du bien, soit 120 000 euros, qui comptera au moment de l'héritage. Or, si l'un de vos autres enfants a également reçu 60 000 euros mais qu'il les a entièrement dépensés, il aura droit à une compensation au moment du règlement de la succession... De quoi entraîner quelques jalousies. Pour y remédier, pensez à donner des lots de valeur équivalente à vos différents enfants de votre vivant.

Héritiers : ne vous précipitez pas !

Votre dernier parent vivant vient de décéder et vous n'avez qu'une hâte : en finir avec ces histoires d'héritage ? Prenez un peu de recul car les ventes - mêmes les moins compliquées - prennent inévitablement du temps. Il faut aussi se donner le temps de choisir le notaire qui vous convient le mieux - car vous ne pourrez pas en changer en cours de route - et cela n'est pas forcément celui du défunt. Pour ce faire, étudiez ses compétences vérifiables, l'ancienneté de son étude notariale etc.

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