Jouets non genrés : simple tendance ou futur des cadeaux ?

Chargement en cours
Les enfants devraient pouvoir explorer, jouer avec n'importe quel type de jouet sans distinction de sexe. Mais le chemin semble encore long avant que les jouets non genrés soient la norme.
Les enfants devraient pouvoir explorer, jouer avec n'importe quel type de jouet sans distinction de sexe. Mais le chemin semble encore long avant que les jouets non genrés soient la norme.
1/2
© Adobe Stock, imickle82

Jessica Xavier

Les poupées pour les filles et les voitures pour les garçons. À l'heure de la course aux cadeaux, le choix pour les enfants semble tout trouvé. Pourtant, les jouets genrés véhiculent des idées sexistes. Sont-ils pour autant en danger ?

Vous l'avez sans doute remarqué : les catégories filles et garçons ont disparu des catalogues de jouets de Noël cette année. Si la distinction n'est plus écrite noir sur blanc, elle persiste pourtant dans les représentations, les verbatims et la séparation faites par les marques et distributeurs. Uniquement des filles dans des univers très roses et très girly quand les garçons sont associés aux jeux d'aventure, au bleu, aux super héros...Si les marques de jouets avancent sur la question des genres, elles le font à tâtons. Il n'y a qu'à prendre les jeux d'imitation : les petits garçons sont médecins, vétérinaires quand les petites filles sont coiffeuses ou font le ménage. Il n'y a que dans la cuisine que petites filles et petits garçons se retrouvent autour de la cuisinière. Problème : comme le soulignait en interview pour franceinfo Astrid Leray, auteure d'études sur la représentation genrée dans les catalogues de jouets : "Les jouets ne servent pas qu'à jouer, ils servent aussi à apprendre. Et si l'apprentissage se fait avec des jouets bourrés de clichés et de stéréotypes, les enfants vont grandir, intérioriser et se construire avec ces images."

Des efforts insuffisants de la part des marques

Même quand les marques font des efforts, les clichés ont toujours la vie dure. 60 Millions de Consommateurs rapportait qu'Oxybul avait travaillé avec des marques pour la création de jouets plus neutres et des couleurs non connotées. Mais même dans ces catalogues, on retrouve encore des casques et des skates roses ou bleus...

C'est un fait, les marques sexualisent leurs jeux avec des couleurs et des franchises spéciales. Et si les petites filles se permettent de commander au Père Noël des figurines de pirates ou une boite de jeux d'expériences scientifiques, il sera plus rare qu'un garçon demande une poupée, et plus rare encore que ses parents acceptent de glisser au pied du sapin un poupon ou une célèbre figurine blonde pour leur bambin.

Le chemin semble encore long avant que les enfants ne fassent leur choix en fonction de leurs aspirations et non en fonction de leur sexe et de ce que les équipes marketing leur imposent consciemment ou pas. "Les enfants doivent explorer un maximum de choses en fonction de leur âge et non en fonction de leur sexe", poursuit l'experte Astrid Leray, "ce que ne proposent pas les fabricants."Certains parents affirment en toute bonne foie que leur fille réclame naturellement des poupées quand leur garçon veut spontanément des camions. Certes, mais comment déterminer la part de l'inné, du conditionnement qui commence dès la naissance ?

Cette année, les courants féministes ont fait entendre un peu plus leur vision plus égalitaire entre les sexes. Il est peut-être temps de demander au Père Noël la fin des clivages sexuels dans l'univers des jouets, pour que les enfants grandissent avec une vision non tronquée de ce qu'ils peuvent espérer devenir.

Vous êtes responsable des propos que vous publiez.
Merci de respecter nos CGU