L'alcoolisme au féminin, un problème encore tabou

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Les femmes boivent de plus en plus.
Les femmes boivent de plus en plus.
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© Adobe Stock, contrastwerkstatt

Hélène Demarly

Les femmes boivent désormais autant que les hommes et plus d'un million d'entre elles seraient dépendantes à l'alcool. Une égalité qui soulève de vrais dangers.

En France, sur 5 millions de personnes ayant des problèmes avec l'alcool, 1,5 millions sont des femmes, selon les chiffres du Fonds Actions Addictions. Parmi elles, entre 500 000 et 800 000 seraient alcooliques.

Une banalisation de l'alcool

Dans l'imaginaire collectif, quand l'homme boit avec ses collègues au bistrot, pour décompresser d'une grosse journée, la femme, elle, boit seule, à la maison, quand elle est déprimée. Cette image de femme au foyer désespérée est aujourd'hui bien loin de la réalité.

Les femmes boivent socialement et l'ivresse voire le binge drinking - le fait de boire rapidement dans le but de se saouler -, s'est largement banalisée. D'ailleurs celles qui boivent le plus sont les plus diplômées (chiffres de L'OCDE, 2015). Elles ont souvent commencé à boire pendant leur vie étudiante et continuent cette habitude une fois entrées dans la vie active. Les femmes ayant accédé à des postes à hautes responsabilité, sont aussi plus à même de multiplier les pots avec les collègues, d'arroser les signatures de contrat au champagne mais aussi de noyer le stress dans les verres de vin une fois rentrées à la maison.

Un alcoolisme qui reste honteux

Selon Fonds Actions Addictions, sur la totalité des femmes alcooliques, 92 % d'entre-elles boiraient en cachette et 46 % refuseraient d'en parler. Ce qui entraîne bien évidemment des problèmes pour reconnaître son addiction et donc pour se faire soigner puisque même évoquer sa maladie ne serait-ce qu'à son médecin traitant paraît honteux. Heureusement il existe de nombreux groupes de paroles où trouver de l'aide mais aussi des associations dédiées comme SOS Alcool Femmes, fondée par Laure Charpentier, une ancienne alcoolo-dépendante. De plus, des sites comme www.addictaide.fr permettent d'analyser sa consommation d'alcool à l'aide de plusieurs questionnaires et souvent de réaliser que celle-ci est effectivement problématique.

Des risques accrus pour la santé

Généralement moins lourdes et moins musclées que les hommes, les femmes assimilent moins bien l'alcool. Résultat : des risques accrus et plus rapides de cirrhose, d'hypertension artérielle, d'hémorragies gastro-intestinales et de cardiomyopathie. Selon une étude mondiale datant de 2014 (Wang et al. 2014), les femmes ont même un risque de mortalité 1,5 fois plus élevé que les hommes dès lors que la consommation quotidienne s'élève à 75g d'alcool (soit environ 7 verres classiques). Enfin, des risques accrus de cancer du sein et de dérèglement du cycle menstruel font aussi partie des dommage sur la santé.

Pour sensibiliser à cette montée de l'alcoolisme chez les femmes, une campagne d'information a été lancée le 12 février 2018. Sous forme de jeu de piste, une vidéo créée par le Fonds Actions Addictions et disponible sur le site www.lesecretdelaurence.com, demandait aux internautes de percer le fameux "secret de Laurence", à savoir : son alcoolisme. Sur les 7 000 joueurs qui ont tenté de découvrir le secret, seuls 7 ont réussi à trouver qu'il s'agissait de l'alcoolisme. Preuve que ce problème de santé publique reste encore trop méconnu.

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58 commentaires - L'alcoolisme au féminin, un problème encore tabou
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    FRANKIE -

    les femmes boivent et les hommes trinques

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    herebus -

    je....................sais! hic! ce que saaaaaaaaaaaaaaaaaait!
    Moi! hic! quand je mets ma perruque de blonde, ben,,,,.................roon !
    J'ai envie de me resservir tout le temps!!!!!!

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    kikibibi -

    j'ai arrêté tabac et alcool du jour au lendemain, sans aide, ni patch, voilà presque 13 ans!
    l'alcool c'est difficile car on vous en propose partout, c'est convivial et gastronomique
    il faut refuser le verre qui tue, le verre de trop, sinon on retombe vite!
    c'est bien aussi de rester lucide, plus de réveils dans les wc, plus de gueule de bois, je ne sais plus à présent comment c'était!
    mais il faut beaucoup de volonté surtout quand le conjoint continue à boire et à fumer sous votre nez!

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    kikibibi -

    j'ai arrêté tabac et alcool du jour au lendemain, sans aide, ni patch, voilà presque 13 ans!
    l'alcool c'est difficile car on vous en propose partout, c'est convivial et gastronomique
    il faut refuser le verre qui tue, le verre de trop, sinon on retombe vite!
    c'est bien aussi de rester lucide, plus de réveils dans les wc, plus de gueule de bois, je ne sais plus à présent comment c'était!
    mais il faut beaucoup de volonté surtout quand le conjoint continue à boire et à fumer sous votre nez!

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    libertel -

    Le plus difficile dans l'alcoolisme est de l'avouer. Une fois ce cap passé, il faut se soigner et il y a de nombreuses structures d'addictologie pour l'alcoolisme. Ensuite il faut vouloir se soigner. Et si ça ne marche pas la première fois (c'est souvent le cas), la rechute n'est pas un point négatif, il faut recommencer et ainsi de suite jusqu'à abstinence totale.
    Je sais de quoi je parle, je suis alcoolique abstinente depuis plus de 7 ans et ce n'est pas facile tous les jours, du moins au début.
    Ensuite il faut savoir que ce n'est pas une tare mais un problème qu'il faut résoudre avec de l'aide car seul ou seule, je ne pense pas que ce soit évident.
    Maintenant, sans alcool depuis tout ce temps, je suis heureuse d'avoir pu gagner 7 années de ma vie.
    Je n'ai pas l'intention de reprendre mais comme pour avouer son alcoolisme, il faut aussi savoir dire, pour l'instant ... je ne bois pas d'alcool.
    J'ai rencontré des tas de gens dans un centre de cure, tous différents les uns des autres, des hommes comme des femmes, des gens aisés et des petites gens comme moi.
    L'alcoolisme est une maladie qui atteint n'importe quel d'entre nous

    avatar
    tomatom -

    Bonjour,et merci pour votre courageux témoignage.Un membre de ma belle-famille est alcoolique,et ne veut pas se soigner.
    Impossible d'occuper un emploi,r.s.a.,deux jeunes enfants,mais l'horizon est bouché par ce refus de soins.
    Nous ne savons que faire,le restant de sa famille fuit le problème,et profite des des 120 kms qui existe entre cette personne et elle,pour ne "rien voir"....
    Drame silencieux,non-dits,contacts coupés........ Je me demande comment cela va finir ....si ça finit un jour.
    Ma femme et moi les avons équipé de meubles,fournitures diverses,afin de leur assurer un confort minimum,mais ça ne fait pas tout...
    Quand vous parlez des risques de rechute,ça me fait peur,car ce serait quasi impossible de reconvaincre cette personne à reprendre tout à zéro.
    Comment faire,par quel coté aborder le sujet? Nous avons vraiment l'impression qu'il faudra un accident (de n'importe quelle nature)pour "coincer" cette personne à l'hopital,face à un addictologue,ou dans une association .....
    C'est l'impasse totale.
    Tous mes voeux de réussite dans votre démarche vous accompagnent.

    avatar
    tomatom -

    Bonjour,et merci pour votre courageux témoignage.Un membre de ma belle-famille est alcoolique,et ne veut pas se soigner.
    Impossible d'occuper un emploi,r.s.a.,deux jeunes enfants,mais l'horizon est bouché par ce refus de soins.
    Nous ne savons que faire,le restant de sa famille fuit le problème,et profite des des 120 kms qui existe entre cette personne et elle,pour ne "rien voir"....
    Drame silencieux,non-dits,contacts coupés........ Je me demande comment cela va finir ....si ça finit un jour.
    Ma femme et moi les avons équipé de meubles,fournitures diverses,afin de leur assurer un confort minimum,mais ça ne fait pas tout...
    Quand vous parlez des risques de rechute,ça me fait peur,car ce serait quasi impossible de reconvaincre cette personne à reprendre tout à zéro.
    Comment faire,par quel coté aborder le sujet? Nous avons vraiment l'impression qu'il faudra un accident (de n'importe quelle nature)pour "coincer" cette personne à l'hopital,face à un addictologue,ou dans une association .....
    C'est l'impasse totale.
    Tous mes voeux de réussite dans votre démarche vous accompagnent.