Le bac est-il toujours utile ?

Le bac est-il toujours utile ?
À quoi sert le baccalauréat ?
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Hélène Demarly

Cette année, les épreuves du bac se dérouleront du 15 au 22 juin et des millions de bacheliers plancheront sur leur sujet de philosophie d'ici quelques jours. Un examen qui date du XIXème siècle, mais ne cesse pourtant chaque année d'être remis en question et déjà en 1970, George Pompidou s'interrogeait sur son efficacité. Diplôme trop facile, inutile, qui ne vaut plus rien... Les qualificatifs sont nombreux pour ce fameux baccalauréat qui reste malgré tout la porte d'entrée obligée vers les études secondaires. Alors à quoi sert le bac et représente t-il encore quelque chose à l'heure où plus de 85% des élèves l'obtiennent ?

Le bac coûte très cher

C'est l'un des arguments favoris de ceux qui sont pour une refonte du bac : son prix ! Car il revient très, très cher : l'État dit débourser chaque année entre 50 et 100 millions d'euros pour l'événement, mais le syndicat national des personnels de direction de l'éducation nationale (SNPDEN) évalue ce coût beaucoup plus à la hausse, estimant que le bac revient en tout 1,5 milliard d'euros ! 74,5 millions pour l'organisation des épreuves en elles-mêmes, 6,5 millions d'euros pour les épreuves orales, et surtout la plus grosse partie imputée à la suppression de plusieurs semaines de cours avant les épreuves en juin, même pour les classes de seconde et première. Des jours de cours perdus qui coûteraient ainsi 1,4 milliard d'euros.

"Tout le monde a le bac"

Un autre argument que l'on entend régulièrement, mais qui est pourtant faux. En 1945, 3 jeunes sur 100 décrochaient le bac, en 1975, ils étaient 25, en 2015, 77. Le taux de bacheliers dans une génération ne cesse de progresser, mais cela ne signifie pas pour autant que tout le monde décroche le diplôme. 23% d'une génération n'obtient pas ce sésame indispensable à la poursuite d'études supérieures. Un peu plus d'un tiers des jeunes (39,5 %) est titulaire d'un bac d'une série générale, le chiffre tombe a 23,7% pour les séries professionnelles, et seulement 15,5% pour les séries technologiques. Tout le monde n'est donc pas bachelier.

"Le bac est plus facile qu'avant"

C'est l'argument récurrent des parents d'aujourd'hui et des grands-parents avant eux, à l'époque : le niveau des bacheliers n'est plus le même qu'avant. Cependant, même en 2016, un élève qui ne maîtrise pas les compétences et les connaissances que l'on attend de lui ne décrochera pas son bac. Cet examen s'est démocratisé est n'est plus réservé à une élite, ce qui crée sans doute cette impression de facilité. Bien plus qu'avant, où il s'agissait davantage de réciter par coeur, le baccalauréat demande de réfléchir et fait appel à des capacités de synthèse et d'analyse.

Peut-on réussir sans ?

C'est possible, mais difficile. Sans le bac, il faut se tourner vers des filières parallèles et certains secteurs comme l'hôtellerie, la restauration, la vente, le tourisme, qui permettent de décrocher un emploi sans le bac. Certaines entreprises (EDF et la SNCF par exemple), le secteur hospitalier ou encore l'armée proposent des formations en interne qui permettent de trouver un travail et d'avoir un diplôme sans le bac. Il existe aussi le le Diplôme d'Accès à l'Enseignement Universitaire (DAEU), accessible aux jeunes qui peuvent attester d'au moins deux ans d'activité professionnelle.

Un sésame obligatoire pour la poursuite d'études

Avec la mise en place en 2009 du dispositif APB (admission post-bac), une très grande majorité d'élèves connaissent déjà leur orientation bien avant de connaître leurs résultats d'examen. Mais il n'en demeure pas moins que le bac reste la porte d'entrée principale vers les études supérieures. À l'heure actuelle, le bac ne permet plus de rentrer directement dans la vie active comme cela pouvait être le cas dans les années 70, mais il reste le passeport obligatoire pour avoir accès aux études supérieures, pour l'université comme pour les écoles.

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