Qui sont les nouvelles féministes ?

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Réseaux sociaux, podcasts... la technologie a permis l'émergence d'un nouveau type de féminisme plus inclusif.
Réseaux sociaux, podcasts... la technologie a permis l'émergence d'un nouveau type de féminisme plus inclusif.
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© Adobe Stock, Astarot

Stéphane Villeneuve

Il est loin le temps où Simone de Beauvoir participait au Mouvement de libération des femmes (MLF) et remettait en question la société patriarcale. Mais où en est le féminisme aujourd'hui ?

Que ce soit dans les amphithéâtres, dans les lieux publics, à la télévision ou sur les réseaux sociaux, les groupes féministes oeuvrent pour faire reconnaître le droit des femmes. Depuis les années 1970, les modes de communication ont beaucoup évolué, menant à un féminisme 2.0 où les femmes peuvent s'exprimer de plus en plus.

Une nouvelle vague digitale

Plusieurs sociologues s'accordent à dire qu'une troisième vague de féminisme est apparue au milieu des années 1990. La principale différence avec les époques précédentes est la multiplicité des voix. Aujourd'hui, grâce à Internet et la diversité de ses supports numériques, on assiste à une forme d'expression plus libre et décomplexée qui permet de militer sur tous les fronts à la fois : harcèlement sexuel, mixité dans les entreprises, égalité salariale, etc.

C'est le cas par exemple du collectif "Osez le féminisme !" qui s'est adapté aux nouveaux outils digitaux. Les membres de ce réseau diffusent leurs idées via une revue téléchargeable sur leur site officiel. Créé en 2009, le groupe est déjà suivi par 30 000 abonnés sur leur page Twitter et plus de 100 000 sur Facebook : "Internet est un formidable instrument de mobilisation. Grâce à lui, les jeunes militantes agissent à une autre échelle que nous, dans les années 1970", témoigne Françoise Picq, militante du MLF, dans le journal L'Express.

Plus récemment et suite à l'affaire Harvey Weinstein survenue fin 2017, une déferlante de hashtags ont vu le jour sur le réseau social Twitter. Citons #balancetonporc ou encore #metoo qui font actuellement couler beaucoup d'encre dans la presse française et crépitent sur les écrans des tablettes et smartphones. Le but de ces mots-clés est de permettre aux personnes victimes d'agression ou harcèlement sexuel, de poster anonymement leur témoignage, et dénoncer le sexisme.

Un féminisme intersectionnel

À l'heure des médias alternatifs (streaming, podcasts, webradios...), nombreuses sont les femmes à lancer de nouveaux concepts originaux sur la toile. C'est par exemple le cas de Génération XX, qui se décrit comme "un podcast de conversations avec des femmes qui entreprennent, dans des milieux et à des âges différents. Elles ont en commun d'être passionnées, créatives, imparfaites, inspirées et inspirantes".

La multiplicité des voix est un engagement emblématique d'une forme de féminisme que l'on nomme "intersectionnel", comme en témoigne la définition donnée par Les Glorieuses, la newsletter féministe française lancée à l'automne 2015 : "Créé par Kimberlé Crenshaw en 1991, le terme désigne la situation de personnes subissant simultanément plusieurs formes de domination ou de discrimination dans une société". Autrement dit, le féminisme intersectionnel échappe au carcan du genre pour combattre d'autres inégalités. Connectées, diverses, engagées... les nouvelles féministes comptent bien faire entendre leurs voix et valoir leurs droits - en faites-vous déjà partie ?

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