Reconnaissance faciale : faut-il en avoir peur ?

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La reconnaissance faciale permet de reconnaître automatiquement une personne grâce aux traits de son visage.
La reconnaissance faciale permet de reconnaître automatiquement une personne grâce aux traits de son visage.
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© Adobe Stock, Artem

Émilie Nougué

Technologie aussi fascinante que terrifiante, la reconnaissance faciale, à laquelle ont de plus en plus recours les entreprises et les autorités publiques, pose plusieurs questions éthiques.

À quoi sert la reconnaissance faciale ?

Les systèmes de reconnaissance faciale, capables de reconnaître automatiquement une personne grâce à certaines caractéristiques de son visage (écartement des yeux, des arêtes du nez, des oreilles...), s'immiscent de plus en plus dans nos vies. Leurs fonctionnalités sont multiples : aider les forces de l'ordre à identifier un individu recherché ou les douaniers à reconnaître des voyageurs, verrouiller un smartphone ou un ordinateur, identifier une personne présente sur une photo publiée sur les réseaux sociaux... Lors du mariage de Meghan Markle et du prince Harry en mai 2018, la chaîne britannique Sky News avait créé l'événement en utilisant cette technologie pour afficher en temps réel le nom des personnalités apparaissant à l'écran. Autre exemple d'utilisation : en Chine, le paiement par reconnaissance faciale est actuellement testé par des supermarchés et chaînes de fast-food.

Quels sont ses dangers ?

La reconnaissance faciale peut donc améliorer notre sécurité et nous faciliter certaines tâches, ou les rendre plus rapides. Mais est-il vraiment prudent de laisser des entreprises et des autorités publiques s'emparer des traits de nos visages ? Puisqu'elle ne nécessite aucune intervention de la personne à identifier, contrairement à la prise d'empreintes digitales par exemple, cette technologie peut recueillir des données personnelles à notre insu et donc entrer dans notre vie privée. Surtout si elle est couplée à une base de données contenant d'autres informations à notre sujet, comme celle d'un réseau social. Par ailleurs, même s'ils sont relativement fiables, les systèmes de reconnaissance faciale peuvent toujours se tromper. Et les erreurs pourraient avoir de lourdes conséquences, notamment si une personne innocente est fichée comme criminelle.

Autre danger : certaines sociétés prétendent être capables de repérer des moeurs ou des traits de personnalité grâce aux caractéristiques du visage. Des chercheurs américains ont ainsi indiqué pouvoir identifier des gens comme étant homosexuels simplement à partir de photos, alors que l'orientation sexuelle ne se lit pas sur le visage. Ils voulaient, selon eux, mettre en garde contre les dérives potentielles de cette technologie...

Où en est-on en France ?

Si la reconnaissance faciale est déjà bien installée dans des pays comme les États-Unis, le Japon et la Chine, la France n'en connaît que les prémices. D'ailleurs, aucune loi n'encadre pour l'instant son utilisation dans le public. Pour l'heure, la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) ne l'a autorisée que dans les aéroports d'Orly et de Roissy, et dans la gare du Nord pour l'embarquement à bord de l'Eurostar. Les systèmes, qui ne conservent pas les données, prennent la forme de portiques qui comparent le visage du voyageur avec la photo de son passeport. Ainsi, la personne identifiée ne l'est pas à son insu.

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