Robots tueurs, ces machines qui inquiètent

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Les drones sont d'ores et déjà utilisés pour des missions de surveillance, mais sont également dotés de missiles.
Les drones sont d'ores et déjà utilisés pour des missions de surveillance, mais sont également dotés de missiles.
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© Adobe Stock, Gorodenkoff

Solène Filly

Alors que la technologie a une part de plus en plus importante dans nos vies, on peut s'attendre à devoir cohabiter dans un futur proche avec des robots. Et si les assistants personnels sont là pour nous faciliter la vie, certains robots sont conçus pour l'armée et jouent le rôle d'informateurs, mais aussi d'armes de guerre.

"Terminator", "Matrix", "I, Robot", et même "Metropolis", film muet de 1927... : les robots guerriers fascinent autant qu'ils terrifient. À la manière de la créature du Dr Frankenstein, on craint toujours qu'ils puissent se retourner contre leur créateur. Il y a quelques années, il ne s'agissait que de fiction. Mais aujourd'hui, les premiers robots militaires ont rejoint les rangs des armées.

L'avancée des drones

Aujourd'hui, ce sont majoritairement des drones qui sont utilisés par les corps d'armée du monde entier pour des missions de surveillance. Mais depuis 2004, comme le rapporte TV5 Monde, les États-Unis s'en servent également pour tirer des missiles, dont le hellfire (feu de l'enfer en français) qui a été utilisé pour attaquer des cibles terroristes. Problème, selon les ONG, entre 1 500 et 4 000 personnes ont déjà été tuées par ce type de drones, et parmi elles, des civils. Un crime, selon Aymeric Elluin, directeur de la campagne "Armement et impunité" d'Amnesty International, qui craint que ces armes transforment le monde en un "immense jeu vidéo", "avec un groupuscule d'hommes aux États-Unis qui établit des 'kill lists' (ndlr : une liste de personnes à tuer)".

Des robots indépendants ?

À la frontière entre la Corée du Sud et la Corée du Nord, les SGR-A1, conçus par Samsung, traquent en permanence les mouvements sur un rayon de 4km grâce à un capteur de chaleur et des caméras de détection infrarouge. Équipés d'une mitrailleuse, d'un lance-grenades, d'une intelligence électronique et d'un système de communication, ils sont pour l'instant encore contrôlés par des opérateurs, mais peuvent déjà fonctionner de manière autonome.

Autre exemple, américain cette fois-ci, Big Dog, un robot à quatre pattes totalement autonome, capable de supporter une charge de 180kg, et d'avancer aussi bien sur des pentes raides que sur des terrains accidentés. Si le projet a finalement été abandonné à cause de son moteur à essence trop bruyant, il a quand même été testé en conditions réelles en Afghanistan. Quant à la Russie, elle serait en train de développer un robot humanoïde capable de conduire une voiture, de changer une ampoule, mais aussi d'utiliser une arme, comme l'avait dévoilé le vice-président du gouvernement russe, Dmitri Rogozine, sur Twitter, en 2017.

Un problème éthique

Seulement voilà, comme les hommes, les robots ne seront jamais infaillibles. En mars 2018, une voiture autonome Uber en Arizona faisait la Une des médias après avoir renversé une piétonne qu'elle avait pourtant détecté. La question de responsabilité inquiète également de plus en plus d'ONG et de personnalités, dont Elon Musk, le patron de Tesla et SpaceX, qui avait signé une lettre ouverte pour mettre en garde contre les dangers de l'intelligence artificielle. Car à quel stade peut on considérer qu'une machine a pris, elle-même, la décision de tuer ? Et qui doit être tenu responsable en cas d'erreur de cible ? Il est donc capital de réglementer l'utilisation de ces nouvelles armes, un sujet qui a été discuté lors d'une conférence de l'ONU au mois d'avril dernier et qui sera de nouveau abordé au mois d'août 2018.

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