Musée virtuel : futur des expos ?

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Depuis plusieurs années maintenant, le numérique transforme grandement l'offre muséale.
Depuis plusieurs années maintenant, le numérique transforme grandement l'offre muséale.
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© iStock, Manuel-F-O

Fabien Gallet

Avec Internet et l'ensemble des avancées numériques, la culture est désormais accessible au plus grand nombre, souvent gratuitement et ce grâce à la virtualisation des musées. Faut-il y voir le futur des expositions ?

Des grottes de Lascaux à la Chapelle Sixtine au Vatican en passant par les musées du Louvre, du Prado ou le MoMA, la visite virtuelle s'est démocratisée. Objectif ? Faire découvrir une oeuvre, un monument ou une exposition et ainsi promouvoir culture, art et patrimoine.

Le virtuel pour conquérir un large (et jeune) public ?

À l'heure où l'accès à Internet n'a jamais été aussi simple et où le smartphone est roi, les musées peuvent attirer des millions de visiteurs. L'occasion de toucher un public large, notamment les jeunes friands de l'aspect ludique. C'est par exemple ce qui a poussé le Louvre à se lancer dans le virtuel il y a quelques années. "Nous observons cette génération (...) pour pouvoir répondre à leurs attentes, nous adapter à leurs usages et habitudes. C'est une des raisons qui nous poussent à utiliser majoritairement l'image, plutôt que le texte", expliquait Agnès Alfandari, chef du service multimédia du musée, à Aude Mathey auteure de "Le musée virtuel" (Éditions Le Manuscrit, 2011).

Des expositions à découvrir à domicile et ailleurs

Ainsi les individus ne pouvant se déplacer ne seront pas laissés pour compte. Car c'est là l'un des atouts du musée virtuel : pouvoir être visité dans n'importe quelle condition (chez soi ou dans les transports, sur un ordinateur, un smartphone ou une tablette) et n'importe quand, les horaires et les jours de fermeture n'étant plus une limite imposée aux visiteurs. Quoi de plus simple, dès lors, que de découvrir une exposition en un clic, si tant est que la navigation reste simple, rapide, intuitive et interactive ?

Entre interaction et immersion

S'il existe des lieux accessibles de chez soi, nombreux sont les musées qui invitent le virtuel directement dans leurs locaux. Exit l'audioguide : aujourd'hui, l'interaction est de mise grâce à des outils numériques privilégiant une approche plus ludique tels que des écrans ou des applications. Mais c'est bien le casque de réalité virtuelle, permettant de découvrir une oeuvre ou un lieu sous un nouveau jour, qui change la donne. Il est par exemple utilisé du côté du Jardin des Plantes (Paris), depuis décembre 2017 mais est aussi la pièce maîtresse de Isiko, projet de dix étudiants français de l'école d'informatique parisienne Epitech qui souhaitent, avec cet outil, proposer un accès aux musées et aux expositions du monde entier. De quoi changer la manière de consommer l'art en offrant une immersion totale.

Un rapport aux oeuvres contestable ?

Reste que le virtuel au sein de l'offre muséale peut être vu d'un mauvais oeil. "J'ai besoin de faire le tour de l'oeuvre, d'en comprendre la matière sans la toucher. Malgré l'innovation, il y a une forme de dénaturation de l'oeuvre",confiait un visiteur du Centre Pompidou au magazine Numéro en janvier 2018 avant d'expliquer : "Une oeuvre virtuelle ne remplacera jamais un original", assurait de son côté le conservateur du Musée de design et d'arts appliqués contemporains de Lausanne, au journal Le Temps en décembre dernier.

Pourtant, outre l'aspect ludique et pratique, le virtuel a un autre avantage : faire découvrir des expositions terminées. Tel est l'objectif du musée entièrement virtuel Universal Museum of Art (UMA) qui proposera aussi gratuitement sur Internet des expositions virtuelles inédites courant 2018 et permettra même de découvrir des monuments disparus à 360°.

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